« C’est le travail et la responsabilité de tous ! »

Difficile, très difficile de dire ce qui passe dans nos têtes au moment de l’élection présidentielle. C’est pareil à une rivière en boue : tellement le courant est fort et contraire, il emporte tout avec lui ; en boue, sans pouvoir plus rien distinguer, sans être assuré de poser le pied sur un sol ferme. La confusion, c’est le sentiment de ne plus connaître par quel chemin il nous faut aller…

La veille de déposer son bulletin de vote dans l’urne, ce sentiment peut nous habiter. Mais l’heure n’est plus au débat. Il s’agit de choisir. Oui mais, décider à partir de quoi ? Aidons-nous de la réflexion que les évêques de France ont voulu nous partager en juin 2016 : Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique. Pas hier, pas à la veille des élections, mais près d’un an avant, avant que nous soyons pris dans le tourbillon étourdissant des campagnes électorales des différents candidats, si bruyant et confus que plus rien n’est audible.

Oui, avant « la » politique, il y a « le » politique. Avant le calcul individuel des intérêts particuliers, il y a les bonnes conditions de la vie ensemble : « Le politique (…) affirme l’existence d’un « nous » qui dépasse les particularités, il définit les conditions de la vie en société, tandis que la politique désigne les activités, les stratégies et les procédures concrètes qui touchent à l’exercice du pouvoir ».

Certes, tous les candidats ont proclamé leur préoccupation d’améliorer les situations difficiles que nous subissons et qui nous font ressentir de la lassitude, des frustrations, de la colère et des peurs. Mais lequel peut nous aider à nous retrouver, au-delà de tout clivage idéologique, « sur une vision partagée de l’avenir de notre pays et ainsi imaginer son futur » ?

Cette question fait reposer notre choix personnel sur notre appréciation de ce qui est bon pour l’ensemble de nos concitoyens. Si la rivière en boue sépare les deux rives, et empêche pour un temps le passage de l’une à l’autre, la crue ne dure pas. L’unité, ce qui réunit, est plus durable que ce qui sépare et divise. Pour preuve, la précarité et l’exclusion qui défigurent notre pays depuis trop d’années déjà ont suscité très tôt des réactions fortes pour les combattre : « Réintégrer dans la communauté nationale et citoyenne ceux qui, silencieusement et loin des regards, en sont peu à peu écartés, est le combat quotidien de beaucoup d’associations ».

Et toi, et moi, où nous situons-nous dans cet engagement à « promouvoir une manière d’être ensemble qui fasse sens » ? Et voici le critère essentiel qui doit guider notre choix : « Quel sens y a-t-il à vivre ensemble ? » « Quelle reconnaissance, quelle utilité sociale ? » Crises économique et sociale ont fini par cacher la crise encore plus grave qui touche la plupart de nos sociétés dites modernes, la « crise de sens ».

« La politique s’est faite gestionnaire, davantage pourvoyeuse et protectrice de droits individuels et personnels de plus en plus étendus, que de projets collectifs. Discours gestionnaires qui ont accompagné le progrès, la croissance, le développement de notre pays, mais sans se préoccuper du pour quoi. La richesse économique, la société de consommation, ont facilité cette mise à distance de la question du sens ». L’adversité ne nous permet plus de l’éviter. Là est l’enjeu fondamental des élections présidentielles et législatives 2017, celui des « aspirations les plus profondes de l’être humain qui sont de se réaliser comme personne au sein d’une communauté solidaire ».

Alors le texte des évêques ne nous dit pas pour qui voter ! Mais nous voici mis en réflexion, au plus profond de nous-mêmes, pour nous décider à mettre de côté le petit dispositif de sens que chacun s’est construit, comme un abri individuel en cas de gros temps ; et pour nous disposer à chercher le meilleur moyen de remettre plus fortement ensemble « le « je » et le « nous ». Et nous pourrons exiger des élus de « retrouver la vraie nature du politique », par notre engagement à leur côté car « cela ne tombera pas du ciel ou par l’arrivée au pouvoir d’une personnalité providentielle. C’est le travail et la responsabilité de tous ». Prenons la parole pour échanger avec le plus grand nombre d’entre nous, c’est vital !

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Un p’tit mot, trois p’tits pas n°88


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