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Jésuites à La Réunion
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Sous l’effet de la curiosité
Article mis en ligne le 16 janvier 2021

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 3 janvier 2021, fête de l’Épiphanie (année B), ainsi que l’homélie du père Thang Nguon.

Les lectures

Nous fêtons l’Épiphanie en ce dimanche. Venant du grec « koiné », l’Épiphanie signifie l’apparition, la manifestation. Prenons un peu de temps pour réfléchir à cette fête.

Faisons d’abord un détour historique de cette fête. Elle (cf. Wikipedia) « s’inscrit dans le cycle qui commence au solstice d’hiver, le 22 décembre ». Dans l’hémisphère nord, le 22 décembre est le jour où la nuit est la plus longue. Mais c’est aussi le commencement du rallongement des jours. Par extension, on fête la renaissance de la lumière. Pour la civilisation romaine tout comme pour celle hellénique, c’était un jour de fête (saturnales pour les Romains et la fête des douze de l’Olympe chez les Grecs). Cette fête a été décidée par les Pères de l’Église, notamment par Épiphane de Salamine (évêque de Chypre), pour contrer les hérésies gnostiques. Pour mémoire, le IVe siècle est la fin des persécutions pour les chrétiens. Cette liberté retrouvée posait une autre question : formuler la foi notamment en la personne du Christ (est-il vrai Dieu et vrai homme ? Ou bien seulement Dieu ?). C’était aussi une période de l’évangélisation de l’empire romain ; les Pères de l’Église tentaient de convertir des fêtes païennes romaines en fêtes chrétiennes.

Revenons à l’évangile avec deux méditations. La première concerne la question des mages : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?... » (Mt 2, 1b) Aussi bizarre que cela pouvait paraître, ce n’était pas un membre du peuple élu, ce n’étaient pas ceux qui habitaient à Jérusalem, qui posaient cette question. C’était les gens venus d’ailleurs. Ceux qui n’ont pas vu l’étoile du « roi des Juifs », sont ceux qui sont les plus proches culturellement et géographiquement de l’enfant Jésus. Pourquoi n’ont-ils pas vu cette étoile ? Car ils n’ont pas scruté le ciel. Pour scruter le ciel, il faut un esprit ouvert, un intérêt en regardant le ciel, une observation du ciel (ce que l’on pourrait considérer comme une perte de temps). C’est quitter les préoccupations quotidiennes, l’existence avec les bonheurs et malheurs. De même pour nous, si nous ne nous contentons que de notre existence, déjà pas toujours facile, nous risquons d’être comme le roi Hérode et tout Jérusalem de l’époque : nous ne verrons pas l’étoile qui guide vers le « roi des Juifs ».

La deuxième méditation concerne l’effet de l’étoile qui guidait les mages depuis l’Orient sur eux. Nous apprenons ainsi que « … quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. » (Mt 2, 10). La vue de l’étoile a de l’effet sur les mages : les mages ont ressenti un sentiment de joie. Cette joie peut être un aboutissement de recherches ; les mages ont été touchés par le « résultat ». Cette joie n’est pas celle des fêtes saturnales au temps des Romains ou encore une joie éphémère ; cet « effet » éphémère que beaucoup de jeunes de notre île connaissent par le zamal ou les drogues chimiques. Elle se trouve dans la reconnaissance du « roi des Juifs » dans le nouveau-né avec Marie par les mages. Puis, elle les renvoie à leur recherche dans leur vie.

Le hasard du calendrier fait que nous fêtons l’Épiphanie le premier dimanche de l’année 2021, demandons au Seigneur de nous accorder la grâce d’être plus curieux de la personne de Jésus Christ afin de mieux L’aimer et mieux Le servir dans le service de nos proches.