Accueil du site > La Compagnie de Jésus
logo

Un nouveau « général » pour les jésuites

par Père Edouard O’Neill sj (3/11/2016)

Réunis à Rome, les jésuites viennent d’élire leur nouveau supérieur général. Il s’agit du Père Arturo Sosa Abascal, 67 ans, Vénézuélien. Un universitaire versé dans les sciences sociales et politiques, très engagé socialement, et qui a déjà exercé des responsabilités de gouvernement parmi les jésuites. Il est le premier « général » des jésuites à ne pas être européen. Un latino ! Nul doute qu’avec le Pape François ils se comprendront à demi-mot.

Le courant passera bien aussi avec les jésuites qui, depuis des années, orientent leur annonce de l’Évangile vers la justice, les plus pauvres, et toutes les « frontières intellectuelles, culturelles, et socio-économiques » comme le disait le P. Arturo, lui-même, lors d’une précédente Congrégation Générale. Le pape François, quant à lui, parle de « périphéries ».

Mais, surtout, pour les jésuites, un nouveau supérieur général n’arrive pas par hasard ; il est donné, reçu comme tel, dans la foi, en raison de la manière même dont il est élu. Pas de candidatures, pas de campagne, pas de « primaires ». Les 215 délégués du monde entier réunis pour cela passent plusieurs jours dans la prière et le silence, autorisés seulement à se parler 2 à 2, pour s’interroger sur les aptitudes de tel ou tel. Certains se connaissent, d’autres pas du tout. Un climat de paix et d’ouverture propice au discernement s’installe, et, le moment venu, après l’Eucharistie et la prière silencieuse, on vote. Le nom du P. Arturo est venu très vite. On peut raisonnablement croire que l’Esprit Saint était de la partie.

Au Centre Saint Ignace, ici, à La Réunion, nous sommes heureux de savoir que, lors de sa première homélie en tant que « Général » le P. Arturo disait ceci : « (Il s’agit de) penser de façon créative les manières par lesquelles notre service de la Mission du Christ Jésus pourra être plus efficace, selon la tension créatrice du Magis ignatien. Penser pour comprendre en profondeur le moment de l’histoire humaine en lequel nous vivons et pour contribuer à la recherche d’alternatives afin de surmonter la pauvreté, l’inégalité et l’oppression. Penser pour ne pas cesser de poser à la théologie des questions pertinentes et pour approfondir la compréhension de la foi que nous demandons au Seigneur d’augmenter en nous. » À nous aussi de jouer, là où nous sommes placés.


Répondre à cet article

Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0