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La promesse

Dimanche 5 mai 2013, de 17h30 à 19h30, diffusion d’un film de Luc et Jean-Pierre Dardenne, suivi d’un échange.

par Père Bernard Paulet sj (3/05/2013)

  Assita Ouedraogo et Jérémie Rénier (...)
  Jean-Pierre et Luc Dardenne (Georges
  L

Film de Luc et Jean-Pierre Dardenne, Belgique-France, 1996, avec Jérémie Rénier, Olivier Gourmet, Assita Ouedraogo.

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Assita Ouedraogo et Jérémie Rénier (DR).

Dans les brumes des bords de Meuse, Igor est un adolescent débrouillard et sans scrupule, qui aide son père, Roger, dans son activité de trafiquant de main d’œuvre immigrée. Mais, se trouvant aux côtés d’Amidou, un ouvrier africain mortellement blessé lors d’un accident, Igor lui promet d’aider sa femme et son bébé…

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L’affiche du film

Une caméra en mouvement incessant et haletant, serrant de près des visages plus vrais que nature, un décor qui ne s’invente pas, une impression de réalité saisissante, de cinéma-vérité. Pourtant il s’agit bien d’une fiction, qui nous embarque non du côté des exploités mais de celui de l’exploiteur. La Promesse décrit certes une réalité sociale implacable, mais surtout une relation entre un père et un fils, où l’affectivité piège un adolescent qui découvre la nécessité d’une règle morale jusque-là inenvisageable. Roger est une crapule odieuse, mais il aime son fils et le film nous enferme aussi dans ce piège poisseux des sentiments tapis au plus profond de l’être humain. Igor a promis et tiendra sa promesse, n’hésitant pas à affronter son père avec une violence croissante. Officiellement, Amidou est parti, abandonnant sa femme qui ne peut l’admettre. Avec maladresse, Igor prend soin d’elle et découvre respect et vérité. Loin de son père, dans le couloir d’une gare, il ose lui dire qu’Amidou est mort. En ce plan-séquence où la caméra à l’épaule trouve enfin du repos, l’adolescent et la veuve se regardent lentement avant de reprendre leur marche incertaine.

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Jean-Pierre et Luc Dardenne (Georges Biard/CC BY-SA 3.0)

Les frères Dardenne, cinéastes belges habitués du reportage et du documentaire, réalisent un film courageux qui fait éclater dans un problème social la force de la parole reçue et donnée. C’est elle qui tient le film, et son écriture rapide et agitée jusqu’au calme final, dans une perspective initiatique. L’enfant quitte le mensonge qui tue, pour entrer dans la vie de la parole. Amidou mourant devient le véritable père d’Igor. L’Africain exilé, sans ressources et sans papiers, offre au jeune occidental un trésor qui en fait un homme capable de prendre ses responsabilités. Roger promettait une belle maison. Cette promesse qui conduit à la mort d’un homme n’est pas une parole donnée et Igor la rejette. Mais dans celle offerte au mourant, exigeante et pleine d’imprévus, Igor accepte de renaître. Ce film fort est une profonde méditation sur la promesse, cette étape biblique fondamentale sur le chemin de la foi.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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