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Thomas, l’inconsolable

Retrouvez l’évangile du 7 avril 2013, deuxième dimanche de Pâques (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

par Père Christophe Kerhardy sj (12/04/2013)

L’évangile

  L

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu.

Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »

Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

(Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, 20, 19-31))

L’homélie

  L

L’un des Douze, Thomas, n’était pas avec les dix autres apôtres quand Jésus était venu. Où donc était-il ? Sans doute à la recherche de Jésus. Lui Didyme, ou Thomas, ce qui veut dire jumeau, ne s’en remettait pas d’avoir perdu son Seigneur, la montée de Jésus au calvaire, les plaies, les clous, la croix tout cela restait gravé dans l’esprit de Thomas.

Or voici que les dix compagnons lui disent :

« Nous avons vu le Seigneur ». Thomas n’arrive pas y à croire. Oh l’incrédule, allons-nous dire, et bien non, ce n’est pas l’incrédulité qui sera au cœur de mon homélie, mais une invitation à voir Thomas comme l’inconsolable, De tous les apôtres, ne serait-ce pas Thomas qui a souffert le plus de la Passion ? Huit jours de plus que les autres, comme un jumeau qui éprouve en lui-même ce qui arrive à son double, Thomas a été hanté par les plaies de Jésus.

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets la main dans son côté, non, je ne croirai pas. »

Ce qui est bouleversant, c’est que Jésus obéit à la demande de Thomas.

Huit jours après, il se manifeste aux onze, avec l’intention de délivrer Thomas de ses troubles. Sans formuler aucun reproche, Jésus présente à Thomas ce qu’il a demandé : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté ».

Jésus se fait donc reconnaître ici d’une manière très surprenante : en montrant ses blessures.

Certains cachent leurs blessures, pour ne pas alarmer l’entourage ou ne pas ternir leur image extérieure, c’est une tendance classique de ne rien dire de ses soucis et de tenter de s’en débrouiller ; d’autres montrent leurs blessures pour attirer la compassion, d’autres encore les montrent pour réclamer justice, voire pour crier vengeance. Jésus ressuscité montre ses blessures pour nous guérir, pour consoler ce qui nous fait désespérer de la vie, désespérer de Dieu, de ses promesses, de son soutien, de son existence même.

« Avance ton doigt ici, et vois mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté » : Comment Thomas aura-t-il reçu ces paroles ?

Sans doute avec une douleur, à cause de son manque de foi. Mais le Seigneur est délicat quand il vient vers l’homme éprouvé par le doute.

Le Seigneur aurait toutes les raisons de lui faire des reproches mais non, il vient vers Thomas en exposant ses blessures, car ce sont elles qui révèlent sa miséricorde pour nous. En vérité, cette miséricorde est l’énergie que le Christ a choisie et déployée pour enrayer la désolation, le mal et même la mort. Oui, la miséricorde est gagnante de tout, c’est pourquoi Jean-Paul II voulut que ce deuxième dimanche de Pâque soit la Fête de la Divine Miséricorde.

L’Évangile ne dit pas que Thomas ait avancé réellement les mains dans le côté ouvert de Jésus. Revenu de ses doutes c’est sa réponse qui me saisit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Celui qui de tous les apôtres avait été le plus pessimiste, lance un cri de foi parmi les plus beaux, les plus fermes, les plus simples de l’Evangile : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

  Saint André et saint Thomas, Gian (...)

Thomas a parcouru un merveilleux chemin. Il est passé du doute à la foi, de la tristesse à la joie, de la désolation à la résurrection. Et entre ces états opposés, entre ces hauts et ces bas, ce qui a guéri Thomas, ce sont les plaies de Jésus, les plaies de la Passion demeurées visibles sur le corps du ressuscité. Pourquoi ces plaies n’ont-elles pas disparu ? Parce qu’elles étaient des blessures d’amour, et que l’amour ne passe jamais.

Au fond, Thomas nous apprend, si besoin était, que les blessures du Christ nous sauvent de tout, y compris de notre manque de foi.

Que cette grâce offerte à Thomas puisse consolider notre foi. Elle est fragile, quand l’épreuve passe, fragile quand la vie nous secoue, fragile quand l’amour ne tient plus ses promesses. Face à ces faiblesses nous aurions besoin de nouvelles preuves d’amour, mais qui oserait demander à Jésus plus que ses blessures ?

Pour nous l’unique sacrifice de Pâque est suffisant. Et en voici le signe : le corps ressuscité de Jésus, marqué à jamais par les plaies de la Passion, est réellement présents dans l’eucharistie. Cette eucharistie est le plus grand des signes, celui que le Seigneur lui-même nous a laissé en mémoire de sa Pâque. Heureux celui qui boit à la coupe du salut, heureux celui qui mange au pain de vie, ces espèces nous suffisent : oui, en communiant nous prenons déjà part à la résurrection, à la vie nouvelle du Christ, nos communions nous constituent en quelques sorte comme les jumeaux de Jésus.

La prière universelle

Seigneur, nous te prions pour l’Eglise. Tu l’appelles à être la lumière des nations. Qu’elle trouve toujours la manière d’annoncer, avec force et conviction, ta Parole et ton message d’amour, jusqu’aux extrémités de la terre, malgré les attaques et les persécutions dont elle est l’objet. Seigneur, nous te prions.

[marine]Par Jésus Christ ressuscité, Seigneur exauce-nous.[/marine]

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Seigneur, nous te prions pour ceux qui n’ont pas la foi, et pour ceux qui doutent. Ouvre leur intelligence et leur coeur à ta Parole. Aide-nous à faire naître chez eux le désir de devenir tes disciples. Seigneur, nous te prions.

[marine]Par Jésus Christ ressuscité, Seigneur exauce-nous.[/marine]

Seigneur, tu es le Dieu de miséricorde, le Dieu du pardon. La passion de ton fils a chassé la haine et le mépris. Nos péchés sont pardonnés. Au sein de ton Église qui proclame ta paix, et au milieu de nos frères, fais-nous vivre de ton Amour. Seigneur, nous te prions.

[marine]Par Jésus Christ ressuscité, Seigneur exauce-nous.[/marine]

Seigneur, dans notre monde de grande violence, que ton message d’Amour soit entendu. Que les peuples retrouvent les voies de la sagesse. Qu’ils se donnent les moyens de construire la paix. Seigneur, nous te prions.

[marine]Par Jésus Christ ressuscité, Seigneur exauce-nous.[/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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