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Dieu est plus grand que notre cœur

Retrouvez l’évangile du 17 mars 2013, cinquième dimanche de carême (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

par Père Christophe Kerhardy sj (17/03/2013)

L’Évangile

Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.

Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? »

Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.

Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. »

Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.

Quant à eux, sur cette réponse, ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.

Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Alors, personne ne t’a condamnée ? »

Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8, 1-11)

-* Cliquer sur l’onglet « L’homélie » pour continuer...

L’homélie

Je lisais ce matin dans Le Monde : « Internet donne des ailes aux infidèles. Sites .de rencontres extraconjugales, d’hôtellerie à la journée et de fabrication d’alibis... le Web a fait de l’infidélité un nouveau marché », voilà où nous en sommes.

Il Guercino
Il Guercino

Une femme a été prise en flagrant délit d’adultère ; la faute est sérieuse, elle figure dans les interdits des dix commandements. Les scribes et les pharisiens s’apprêtent à lapider la femme : c’est la Loi. C’est la Loi... ou presque car voilà précisément ce que déclare le Lévitique : « L’homme qui commet l’adultère avec la femme de son prochain devra mourir, lui et sa complice. »

Or, ici l’homme a disparu et la femme est restée toute seule à porter le poids de la faute. Où est passé son partenaire ? Une justice à deux vitesses, sévère pour les uns, clémente pour les autres, ce n’est pas acceptable.

Les pharisiens qui ne badinent pas avec la Loi, demandent à Jésus d’agir comme un juge, d’être leur tribunal. Mais nous voyons Jésus la tête baissée, comme la femme qui ne doit pas être fière ; il descend très profond en lui-même et se recueille dans le silence. Que se passe-t-il dans ce silence ? Va-t-il relativiser les choses ? Non, Jésus ne peut pas dire que l’adultère est une petite escapade sans gravité, s’y engager c’est trahir la parole donnée, c’est céder à une pulsion qui causera beaucoup de souffrances. C’est pourquoi Jésus doit se montrer ferme contre le péché, et cependant doux avec le pécheur. Dans son silence, Jésus, qui cherche comment sauver la femme, se souvient probablement du roi David que Dieu avait laissé en vie malgré son adultère. Eh oui, le cœur de Dieu peut se montrer plus doux, plus indulgent que la Loi ! N’est-ce pas cela que Jésus est venu révéler ?

Pieter Bruegel
Pieter Bruegel

Un passage du Lévitique demandait au témoin d’un crime de lancer la première pierre sur le coupable... Jésus reprend ce passage mais y ajoute quelques chose de son propre cru : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre... » Magnifique plaidoirie de la défense. On aura beau poursuivre les fautes d’autrui, cela ne nous rendra pas meilleur et plus juste.

Quand Jésus nous met en face de notre conscience personnelle, il nous désarme. Du coup les accusateurs, l’un après l’autre lâchent leur pierre et s’en vont.

Jésus n’en fait pas un triomphe. Il se penche de nouveau vers le sol et laisse les pharisiens partir sans être humiliés. Ils étaient venus lui tendre un piège mais lui, manifeste de la bonté à leur égard.

Quand tous furent partis, Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Jésus la regarde paisiblement et s’adresse à elle. Jusqu’ici personne ne lui avait parlé, elle n’était qu’un prétexte pour piéger Jésus, car c’est lui qu’on voulait prendre en flagrant délit. Jusqu’ici il avait été l’avocat de la défense, il est maintenant la cour qui énonce le verdict : « Moi non plus, je ne te condamne pas ». Je ne suis pas venu pour condamner le monde mais pour le sauver. Et comme un frère plein d’affection il peut lui dire : « Va et désormais ne pèche plus ! »

Vichennaux
Vichennaux

« Va », c’est merveilleux, voici qu’une route s’ouvre alors qu’on semblait coincé devant le mur de la mort. Oui, si le passé nous bloque, si notre cœur nous accuse, si la culpabilité nous attriste, Dieu est plus grand que notre cœur. Avec Jésus le pardon relance la vie.

Nous avons du mal à concevoir cette miséricorde de Dieu. Nous sommes plutôt dans une époque qui recourt de plus en plus à la justice, dans une époque où les plaignants à la sortie du tribunal déplorent souvent une peine trop légère. Et au plan spirituel c’est un peu la même chose. J’entends dire parfois : « À force de mettre en avant la miséricorde de Dieu, on forme des chrétiens « profiteurs » qui usent et abusent du pardon au lieu de se convertir sérieusement ».

Ce à quoi je réponds : la joie de la miséricorde porte beaucoup plus de fruits que la menace du jugement.

Avec Jésus, discernons bien la stratégie de l’accusateur : il pointe les péchés, surtout ceux des autres, il nous réduit à nos faiblesses, il raidit les esprits rigides et légalistes, tout cela pour dénier à Dieu le droit d’être bienveillant.

Pour nous opposer à ce flagrant déni de Dieu, il nous revient, au nom de Jésus, d’adresser à tous une parole qui redonne la vie : « Va et désormais ne pèche plus ! » Cette réconciliation offerte n’est pas un permis de tout faire, c’est un sacrement. Et comme tout sacrement, la réconciliation plonge ses racines dans la pâque de Jésus. Cette pâque, tout en révélant la laideur du péché, sauve les pécheurs du naufrage. En Jésus, notre avenir est donc ouvert sur la vie. Voilà pourquoi nous rendons grâce à Dieu.

-* Cliquer sur l’onglet « La prière universelle » pour continuer...

La prière universelle

Seigneur, l’élection du pape François ouvre une période nouvelle pour l’Église. Que l’Esprit Saint soit au coeur des transformations à venir. Entre tradition et modernité, qu’elle soit rassemblée et unie autour du Souverain Pontife, pour porter et faire connaître à tous ton message d’amour, de paix, de justice et de fraternité. Seigneur, nous te prions.

[marine]Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié ![/marine]

Seigneur, Tu nous dis : « Va et ne pèche plus ! ». Aide-nous à regarder les autres comme ils sont, avec leurs faiblesses. Que notre besoin de nous convertir soit habité par le désir profond et sincère de la grâce et du pardon, afm que nous puissions aller vers l’autre pour l’aider, le comprendre et non pour le juger. Seigneur, nous te prions.

[marine]Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié ![/marine]

Seigneur, en ce temps de Carême, fais-nous prendre conscience de nos erreurs, de nos fautes, afin que ton pardon transforme notre vie. Que le sacrement de Réconciliation soit pour nous une renaissance qui fortifie notre désir de nous engager au service de l’Eglise et de nos frères frères. Seigneur, nous te prions.

[marine]Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié ![/marine]

Seigneur, tu connais nos difficultés. Nous sommes prisonniers d’un pessimisme ambiant, alors que Dieu nous promet le bonheur. Donne-nous la grâce d’être des Chrétiens optimistes, pleins de confiance, d’enthousiasme, et capables de s’engager pour faire changer les choses. Seigneur, nous te prions.

[marine]Jésus, sauveur du monde, écoute et prends pitié ![/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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