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Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?

Retrouvez l’évangile du 10 mars 2013, quatrième dimanche de carême (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

par Père Christophe Kerhardy sj (10/03/2013)

L’évangile

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.

Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

Alors Jésus leur dit cette parabole :

« Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ’Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.

Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : ’Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’

Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.

Le fils lui dit : ’Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils...’

Mais le père dit à ses domestiques : ’Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.

Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.

Celui-ci répondit : ’C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’

Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : ’Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’

Le père répondit : ’Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32)

-* Cliquer sur l’onglet « L’homélie » pour continuer...

L’homélie

Tandis que Jésus attirait à lui beaucoup de publicains et de pécheurs, prêts à se convertir, un petit cercle de Pharisiens très vertueux jugeait sévèrement ces mauvaises fréquentations. Ces Pharisiens tatillons avec les commandements, fidèles de chez fidèle, ne comprenaient pas que « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades ; que ce ne sont pas les justes qui ont besoin d’un sauveur mais les pécheurs. » C’est à leur intention que Jésus raconte la parabole du fils prodigue.

Un père avait deux fils, le plus jeune décide de prendre le large, de partir à l’aventure loin de la maison de son père. Son histoire évoque assez bien ce qu’est une crise d’adolescence, où l’on se prend à rêver d’une liberté sans limite et sans entrave. Avant de partir, le jeune homme réclame sa part d’héritage. Il ne pense qu’à lui. Son père lui donne son dû et le laisse aller !

Le jeune homme dépense sans compter. Et ce n’est pas seulement l’argent de l’héritage qu’il flambe, c’est sa vie qui tourne court. Au fond, cette parabole raconte l’histoire de tous ceux qui sont perdus dans une vie loin de Dieu, perdus dans une liberté folle, perdus dans une existence remplie de désordre qui conduit à la mort.

Mais Jésus n’accable pas ces gens perdus. Il nous révèle la pédagogie de Dieu face à la liberté de l’homme.

Comme un bon paysan qui laisse les herbes folles couvrir un champ en jachère, de même le Père laisse le fils partir avec ses rêves fous. Une fois l’héritage dilapidé, l’aventure du fils, pataugeant dans la boue au milieu des porcs, aura porté des fruits. Des fruits de honte, des fruits de repentance. Son Père qu’il avait fait disparaître de sa vie, se ranime en lui. Une parole de l’Esprit, peut-être, lui revient en mémoire : « Revenez à moi de tout votre cœur » - « laissez-vous réconcilier ». C’est alors que le fils tout penaud revient à la maison.

Et là, ô merveille du pardon, l’amour ne se met pas en colère, ne fait pas de reproche. Qui donc est Dieu pour nous vouloir si libres, sinon la liberté même ? Qui donc est Dieu pour nous aimer encore par delà nos ingratitudes, sinon l’amour même ?

Là est la nouveauté de l’Évangile. Et c’est cela que Jésus est venu nous révéler. Dieu comme un Père qui court au devant de son fils dès qu’il le voit revenir ; Dieu comme un Père qui explose de joie pour un seul pécheur qui se convertit ; Dieu comme un Père qui veut fêter en grande liesse ses fils revenus à la vie ; Dieu comme un Père qui en dépit de nos fautes et nos ingratitudes, reste plein de tendresse.

Sans nul doute, Jésus adoucit l’image que nous avons du Père. On le pensait sévère et voilà qu’on découvre son instinct maternel ; contre sa joue, contre son cœur, il tient son fils retrouvé. Dans ses bras largement ouverts, c’est l’amour qui se déploie comme des ailes. Des larmes de retrouvailles, celles du père et celles du fils, lavent les fautes, et le plus bel habit, le vêtement blanc de ton baptême, célèbre la renaissance.

Tout pourrait s’arrêter là, mais venons-en au deuxième fils. Contrairement à son jeune frère, il n’a jamais été rebelle, il travaille, il a du mérite. Ce fils de l’intérieur, c’est le Pharisien, celui qui n’a jamais dévié. Quelle est sa limite ? Il est atteint par l’esprit de comparaison. Ah ! cette plaie de la comparaison qui engendre la jalousie. Pourquoi a-t-il moins reçu alors qu’il mérite plus ? Ne pensez-vous pas que lui aussi est perdu ? Sa jalousie, son manque de compassion, ses jugements sont aussi des formes de perdition.

Sa religion fondée sur les mérites conduit à un Dieu bienveillant pour les justes, côté face, malveillant pour les pécheurs, côté pile. Mais Dieu lui n’a qu’un visage, il est Père qui attend de retrouver tous ses fils perdus.

Que l’on soit allé loin du Père, comme le jeune, ou que l’on soit resté près de lui, comme l’aîné, c’est toute l’humanité, dans son ensemble, qui était perdue. Et c’est pour elle, pour nous, que Jésus quitta la maison du Père et se mit à la recherche de tous les égarés.

Tous, nous devons nous convertir à l’idée que la grâce est un don qui débordera infiniment ce qui dû. Celui qui vit de cette grâce partage déjà la joie de Dieu et de ses anges qui se réjouissent pour un seul pécheur qui se convertit.

Enfant perdus, nous le sommes tous, mais le Christ nous a retrouvés. Blanchis par la grâce et revêtus de la plus belle robe, depuis le jour de notre baptême, nous voici réunis autour de table de la miséricorde, comme cela s’est passé dans la maison du père prodigue. Dans le Fils le Père nous a sauvés, joyeux est le don de sa grâce, que notre action de grâce le soit aussi.

-* Cliquer sur l’onglet « La prière universelle » pour continuer...

La prière universelle

Pour l’Église qui espère et attend. Que l’Esprit Saint éclaire les cardinaux dans leur choix d’un successeur à Pierre selon le cœur de Dieu. Qu’habité par les dispositions du Christ, notre Saint Père soit porteur de l’amour de Dieu et de service des hommes. Ô Père, nous te prions.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous[/marine]

Pour l’Église qui se prépare à Pâques. Qu’à l’image du fils prodigue chacun prenne conscience de son péché. Qu’il demande et reçoive le pardon que Dieu, dans sa miséricorde infinie, dispense avec largesse à tous. Ô Père, nous te prions.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous[/marine]

Prions pour les familles divisées par des rancœurs et des jalousies. Que ce temps de carême soit un temps d’apaisement, de réconciliation et de pardons échangés. Ô Père, nous te prions.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous[/marine]

En ce quatrième dimanche de carême, habillons nos cœurs de joie devant la miséricorde infinie du Père pour ses enfants. Que chacun soit le messager de ce pardon offert par le Christ qui restaure l’homme dans sa dignité d’enfant bien aimé du Père. Ô Père, nous te prions.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous[/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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