Accueil du site > Chapelle > Méditer l’évangile du dimanche > Aujourd’hui s’accomplit la Parole

Aujourd’hui s’accomplit la Parole

Retrouvez l’évangile du 27 janvier 2013, troisième dimanche du temps ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

© hermanoleon.org
© hermanoleon.org

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.

C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.

Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21)

par Père Christophe Kerhardy sj (30/01/2013)

L’homélie

« Tu sais pas, il paraît que Jésus est de retour ! » Ce jour-là, les conversations de Nazareth sont animées, Jésus est rentré au village et sa renommée le précède ; depuis qu’il a pris le relais de Jean-Baptiste, tous les gens parlent de lui. Comme il en a l’habitude, le jour du sabbat il va à la synagogue et là il se lève pour faire la lecture. Il tourne le rouleau et s’arrête sur un passage du prophète Isaïe. « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ». L’homélie qui va suivre la lecture est brève : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! »

L ’homélie est brève, mais tout l’Évangile va nous raconter comment Jésus se rendra proche des plus pauvres, comment les malades, les pécheurs et toutes sortes de personnes qui sont au bout du rouleau accourront à lui. Sa Parole ouvre des voies de délivrance et de réconciliation, son Esprit large et consolateur attire. On vient à lui, car lui au moins accomplit ce qu’il promet, lui au moins, aborde les hommes avec un a priori favorable. Et puis on aime ce côté un brin révolutionnaire de Jésus qui interpelle les responsables religieux et politiques ; pour lui, la charité est au-dessus des sacrifices, pour lui, la grâce est au-dessus de la Loi... Ces propos agacent les autorités mais une foule enthousiaste et populaire le soutient. C’est cela le jubilé de Jésus.

L’Église d’aujourd’hui a pour mission de faire vivre ce projet, c’est sa raison d’être. Et l’Esprit qui a consacré Jésus est le même qui nous embauche pour bâtir un corps social heureux et réconcilié.

Tout comme Jésus, chacun de nous, consacré par l’Esprit-Saint, peut reprendre à son compte le sermon de Nazareth : L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a envoyé proclamer la Bonne Nouvelle... c’est aujourd’hui que cette parole s’accomplit. » Consacrés pour continuer l’ œuvre du Christ, nous ne pouvons rester inertes devant le mal, les injustices, les souffrances qui défigurent la vie. Les milliers d’hommes, de femmes et d’enfants au bout du rouleau nous posent la question : « Où est-il cet aujourd’hui de la bonne nouvelle ? »

Cet aujourd’hui, il se réalise dans l’immense élan de générosité qui s’en va relancer l’espérance là où tout est ravagé. Cet aujourd’hui, il est à l’œuvre quand quelqu’un soigne ou visite un malade, il est à l’ œuvre quand un homme en aide un autre à se tirer d’affaire, cet aujourd’hui il est à l’œuvre quand des ennemis enterrent la hache de guerre et règlent leurs dissensions par le dialogue et le pardon, cet aujourd’hui il est présent aussi dans les geôles où l’Église vient célébrer avec les détenus le sacrifice de libération accompli par Jésus. L’Église n’est pas toujours idéale, c’est vrai, mais cependant nous pouvons être fiers des services qu’elle rend aux plus pauvres. Combien de dispensaires, d’hôpitaux, d’orphelinats, de léproseries, d’écoles, d’aumôneries de prison n’a-t-elle pas fondés ? Et aujourd’hui, à travers diverses associations et organismes, elle actualise l’ambition du Christ pour tous les hommes. Toutes ces initiatives participent à sa sainteté réelle.

Vous l’avez compris, pour moi, l’aujourd’hui de la prophétie, proclamé par Jésus à Nazareth, c’est à nous qu’il appartient de le rendre vivant. Et pour tenir dans cette mission, sans nous décourager, tant les urgences nous paraissent énormes, nous nous imprégnons de la vie de Jésus, nous nous laissons inspirer par ses choix, par son style. Comme les gens de la synagogue de Nazareth, nous fixons notre regard sur lui, nous accueillons son message libérateur et ensuite nous nous laissons envoyer pour en être les acteurs.

A quoi servirait l’annonce de la Bonne Nouvelle dans les églises si elle n’était pas dispatchée ensuite dans les nos lieux de vie et de travail, à quoi serviraient nos heures de prière si elles ne débouchaient sur aucun projet à caractère familial, social ou humanitaire ? La vie de Jésus n’est pas une vie pantouflarde, obnubilée par son bien-être personnel, c’est une vie qui est donnée pour les autres. Si nous faisons de même, alors nul doute qu’on dira çà et là : « Tu sais pas, il paraît que Jésus est de retour »

Oui, en attendant le retour du Seigneur dans la Gloire, nous sommes garants ici et maintenant de sa présence bienfaisante.

L’ensemble des chrétiens chargés d’actualiser cette mission du Christ, forme un corps complexe. Catholiques, orthodoxes, protestants, quelques éléments de doctrine nous séparent. Et si nous prions cette semaine pour l’unité des chrétiens, ce n’est pas pour que le Seigneur fasse de nous des clones, c’est pour saluer l’ampleur et l’étendue de son projet. L’humanisme de Jésus qui vient dire à tous les hommes que Dieu les aime, qu’il les soutient et qu’il les sauve, voilà la source, voilà l’amour, voilà le vif du sujet où se fomente l’unité de tous les chrétiens.

-* Cliquer sur l’onglet « La prière universelle » pour continuer...

La prière universelle

Seigneur, donne-nous la grâce de découvrir ta Parole comme source et fondement de notre foi ; qu’elle nous révèle comment être vraiment homme et devenir davantage à l’image de Dieu.

[marine]Seigneur nous te prions [/marine]

Seigneur, que les communautés vivent l’accueil afin que chacun trouve sa place au sein de toute assemblée. Alors, par la force de ton Esprit et animés par la même foi, malgré leurs différences tous les chrétiens travailleront ensemble à l’unité de l’Église

[marine]Seigneur nous te prions [/marine]

Pour tous les malades qui souffrent dans leur corps ou dans leur âme. Qu’ils mettent leur confiance en Dieu qui sauve en affrontant lui-même la souffrance avant de ressusciter. Que nous puissions reconnaitre à travers toutes souffrances le visage du Christ.

[marine]Seigneur nous te prions [/marine]

Pour tous ceux qui sont en prison, justement ou injustement condamnés, et pour feurs familles. Demandons au Seigneur de leur ouvrir notre cœur.

[marine]Seigneur nous te prions [/marine]


Répondre à cet article

Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)