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Le narcisse noir

Dimanche 13 janvier, de 17h30 à 19h30, diffusion d’un film de Michael Powell et Emeric Pressburger, suivi d’un échange.

par Père Bernard Paulet sj (7/01/2013)

Film de Michael Powell et Emeric Pressburger (Black Narcissus), Grande-Bretagne, 1947, avec Deborah Kerr, Flora Robson, Jean Simmons.

Deborah Kerr
Deborah Kerr

Une jeune religieuse fonde un couvent de jeunes filles au cœur de l’Himalaya. Elle est accompagnée d’un anglais, Mr Dean, qui la prévient de la difficulté de l’entreprise. C’est autour de cet homme que les rivalités éclatent. L’enfermement, l’altitude et les réminiscences du passé précipiteront le drame…

Étonnant film d’aventures coloniales où un groupe de religieuses semble peu à peu gagné par une hystérie collective, dans un monastère perché sur les hauteurs de l’Himalaya. Adapté d’un roman de Rumer Godden, Le Narcisse noir est un film sur la puissance irrépressible et ravageuse du désir, déchaîné ici par l’appel d’une nature débordante de vie. « Le narcisse noir » est le nom d’un parfum capiteux, une métaphore pour le trouble qui gagne des femmes qui ont voué leur âme à Dieu en arrivant dans un paysage grandiose. Leurs sens sont mis à rude épreuve par tout ce qui les entoure : l’esprit des lieux, la force du vent, la sauvagerie des montagnes, la virilité des hommes qui vont et viennent entre les murs du palais... Et leur esprit s’égare.

Jean Simmons
Jean Simmons

Au service de ce récit, les cinéastes britanniques Powell et Pressburger, filment le vent (inoubliables silhouettes des nonnes affrontant cet élément déchaîné) et les pulsions de femmes subissant un étrange et sensuel envoûtement dans un décor d’une immuable beauté. Ils usent d’un Technicolor subtil qui dialogue finement avec les peintures des murs du palais et dont les images somptueuses et presque surréalistes valut l’Oscar de la meilleure photographie au chef opérateur Jack Cardiff. Le film n’est jamais kitsch, ses images folles et féeriques échappent au temps et imposent une poésie iconoclaste. Les réalisateurs suggèrent l’influence d’un lieu (une Inde onirique) sur un groupe d’individus et sur le désir.

Kathleen Byron
Kathleen Byron

Selon Bertrand Tavernier, ce cinéma aventureux surprend par son exigence et son imagination inouïe : on passe du réalisme à la fable, du documentaire au fantastique, des extérieurs réels aux effets spéciaux les plus sidérants ; l’Inde du Narcisse noir reste d’un achèvement inégalé, où l’affrontement entre deux religions, deux civilisations, deux cultures devient le moteur unique d’un scénario. Tous ces paris visuels et dramaturgiques prouvent une immense confiance dans les pouvoirs du cinéma et dans la capacité de curiosité du public.

A l’approche de la Journée de la Vie consacrée (2 février), voilà une magnifique évocation de l’aventure missionnaire féminine.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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