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L’amour de Dieu, ce n’est pas de la galette

L’évangile du dimanche de l’Épiphanie, année C, l’homélie du père Christophe Kerhardy, la prière universelle du dimanche 6 janvier 2013.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem
en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. »

Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant.

Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.

En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

(Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12

par Père Christophe Kerhardy sj (6/01/2013)

L’homélie

Les mages d’Orient, l’étoile qui les guide, l’arrivée des caravanes à Jérusalem, la ville sainte qui s’alarme, l’enquête menée dans les Écritures, l’or, l’encens, la myrrhe : l’évangile que nous méditons pour l’Épiphanie a l’allure d’un conte... et pour perpétuer ce récit merveilleux, nous, on tire les rois avec des galettes, et on s’arrange pour que les enfants aient la fève, alors les rois et les couronnes et se multiplient.

Supernova Companion Star
Supernova Companion Star

Intrigués par une étoile, des mages d’Orient avaient pris la route. On a beaucoup discuté sur cette étoile. Des chercheurs ont affirmé qu’il s’agissait d’une conjonction de planètes, d’une comète ou d’une supernova, c’est-àdire une de ces étoiles qui aurait libéré une immense splendeur après une explosion interne. Les savants continuent de discuter ! Pour nous, la grande étoile, la véritable supernova qui nous guide, c’est le Christ luimême. Il est, pour ainsi dire, l’explosion de l’amour de Dieu, le grand éclat de son cœur qui resplendit sur le monde.

En Orient, on ignorait la splendeur du Dieu d’Israël. Mais lui, ce n’était pas d’hier qu’il avait donné rendez-vous aux étrangers. Bien avant que l’étoile ne paraisse, Madiane, Epha, Saba, Seba, Tarsis, tous ces noms d’ailleurs, ces noms païens, ces noms d’îles lointaines, étaient inscrits dans le cœur de Dieu et figuraient dans sa Parole. Vous l’avez remarqué, avant que les mages n’arrivent à Bethléem, ils font une escale à Jérusalem. Comme l’étoile s’est éclipsée, alors ils y font un peu de catéchèse. Ils ont des questions et la Bible détient les réponses. Pour moi, c’est tout l’intérêt la Parole de Dieu qui répond à nos questionnements multiples.

Kupelwieser
Kupelwieser

Cette Parole de Dieu était le trésor du peuple élu. Choisi en premier, Israël savait que son Dieu serait un jour la lumière des nations. Par conséquent, Melchior, Gaspar et Balthazar, forment les premiers équipages d’une longue caravane humaine, d’une multitude de païens qui avance vers le Sauveur. Voilà le sens de la fête d’aujourd’hui : le Christ réunit les nations, il associe les païens au même héritage ; en lui, les rois et les bergers, les savants et les gens simples partagent le même salut. Pour manifester cette universalité, Dieu s’est appuyé sur une étoile. Une étoile, quand on y pense, c’est une lumière située au-dessus des frontières : aucune barrière douanière, aucun protectionnisme, aucun check point, ne peut restreindre son rayonnement.

Une seule chose peut empêcher ce rayonnement, ce sont les nuages. Or, il se trouve que la masse nuageuse, bien épaisse au moment de Pâque, recouvre déjà Jérusalem au moment de l’Épiphanie. La ville sainte campe jalousement sur son privilège d’élue, elle tient à sa préséance et son roi, Hérode, n’est pas disposé à céder un pouce de son pouvoir. C’est pourquoi les mages sont convoqués de nuit, en secret, pour étouffer l’affaire. C’est idiot comme attitude, car l’amour de Dieu, ce n’est pas comme une galette. Une galette, plus on la partage, et plus la part de chacun rétrécit, mais l’amour, c’est tout le contraire, plus on le partage, plus la part de chacun augmente. Quand est-ce que nous comprendrons que l’amour de Dieu, comme la lumière, est un bien offert à part entière aux premiers comme aux derniers, quand est-ce que nous comprendrons que la jalousie et la suffisance, y compris dans le domaine religieux, nuisent à l’unité du genre humain ?

Alors, gardons-nous de rétrécir le potentiel de salut qui est en Jésus. Le Christ est sauveur des chrétiens, c’est notre joie, mais le Christ est aussi sauveur des autres, et cela devrait nous faire redoubler de joie.

Zurbaran
Zurbaran

C’est pourquoi je vois l’Église comme une assemblée de mages arrivés à destination, qui adore Jésus sans se l’approprier et je prie pour qu’elle attire à lui de nouveaux fidèles car il est le don du Père fait aux hommes et aux femmes de toutes les nations.

Le don de Dieu appelle le nôtre : voyez les mages déposer leurs offrandes. De l’or parce que Jésus est roi, de la myrrhe pour l’accompagner jusque dans la mort, de l’encens pour célébrer par avance sa résurrection. Et nous, peuple métis d’Orient et d’Occident, du Sud et du Nord, nous, île lointaine, qu’allons-nous offrir au Christ ? Quel trésor ajouterons-nous à celui de la première Épiphanie ?

Le Verbe est venu sauver les hommes des toutes langues, de toutes races et toutes conditions, aujourd’hui, comme les mages, nous adorons Jésus avec un cœur qui n’a pas les genoux trop raides ; quelle offrande pouvons-nous lui apporter ? Saint Ignace propose celle-ci : « Prends Seigneur reçois, toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence ; tout ce que j’ai, tout ce que je possède, c’est toi qui m’as tout donné, à toi Seigneur je le rends, et donne-moi ta grâce, elle me suffit ».

Illustrations : Supernova Companion Star (Nasa-Illustration by Justyn R. Maund. Commons) ; Les mages, Leopold Kupelwieser, 1796 ; L’adoration des mages (détail), Francisco Zurbaran, 1639.

-* Cliquer sur l’onglet « La prière universelle » pour continuer...

La prière universelle

Seigneur, nous te prions pour ton Église appelée à une nouvelle évangélisation. Que l’Esprit Saint la conduise à porter ta Parole à ceux qui ne l’ont jamais reçue et à ceux qui l’ont oubliée. Emmanuel, Dieu avec nous, nous te prions.

[marine]Seigneur, Emmanuel, exauce-nous[/marine]

Seigneur, regarde tous ceux qui sont en recherche de sens et tous ceux qui sont tiraillés par des doutes. Mets sur leur route des porteurs de lumière qui, comme l’étoile des mages, les conduisent à Toi. Emmanuel, Dieu avec nous, nous te prions.

[marine]Seigneur, Emmanuel, exauce-nous[/marine]

Seigneur, éclaire les savants et les chercheurs ; conscients des limites à ne pas franchir, que l’Esprit d’innovation qui les anime, respecte la vie sous toutes ses formes et serve au bonheur de l’humanité. Emmanuel, Dieu avec nous, nous te prions.

[marine]Seigneur, Emmanuel, exauce-nous[/marine]

Seigneur, dans nos rencontres avec les frères et sœurs d’autres religions, que l’universalité du salut célébré aujourd’hui, en la fête de l’Épiphanie, soit pour tous source de joie et facteur d’unité. Emmanuel, Dieu avec nous, nous te prions.

[marine]Seigneur, Emmanuel, exauce-nous[/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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