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Vivre de l’Eucharistie de désir

20 décembre : à La Réunion, l’Église fait mémoire du Bienheureux frère Scubilion, le jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans l’île. Homélie du père Christophe Kerhardy sj à la messe de ce jour.

par Père Christophe Kerhardy sj (20/12/2012)

A l’âge de 22 ans, le 25 octobre 1819, Jean Bernard Rousseau fit une consécration au Sacré Cœur. A cette occasion, il s’était engagé à une heure d’adoration de 5 heures à 6 heures du matin chaque jeudi saint. Il sera fidèle à cette heure, mais surtout à l’adoration de Jésus dans le Saint Sacrement. Il tiendra cette promesse jusqu’à sa mort. Nous retiendrons donc une première orientation pour nous : que notre communion soit fréquente et qu’elle soit une affaire de cœur. L’eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne, et la communion est pour tous et pour tout l’univers. Lorsqu’il adorait – comme le Curé d’Ars – son visage était irradié. C’est ainsi que s’accomplissait la Parole du psaume : « Qui regarde vers le Seigneur, resplendira, son visage sera illuminé ».

Notre frère Scubilion nous invite aussi à vivre de l’Eucharistie de désir. Il n’est pas toujours possible d’aller à la messe ni de recevoir la communion. C’est ce qui arriva au frère Scubilion lorsqu’il partit pour l’Île Bourbon. Le voyage durait près de trois mois et il n’y avait pas de prêtre pour célébrer sur le bateau. Le jour de la Fête-Dieu il voulut fêter le Seigneur à sa manière. Il entreprit de discuter avec le capitaine du bateau sur des sujets religieux. En cette année où nous sommes invités à nous investir dans une nouvelle évangélisation, que l’Esprit renforce l’élan missionnaire de notre vie chrétienne.

A Saint-Leu, à la Possession, il eut souci de permettre aux esclaves, puis aux affranchis d’être catéchisés, baptisés et surtout de recevoir la communion. Il vivait la parole du psaume 21, 27 : « Les pauvres mangeront et seront rassasiés ». Toute sa vie il a fait le lien entre le service des pauvres et l’Eucharistie. Voilà un homme qui avait parfaitement intégré le fait qu’au moment de la dernière Cène, Jésus avait lavé les pieds des apôtres. Le frère Scubilion a vécu dans la foi au Christ présent dans l’Eucharistie et présent dans les plus malheureux. Qu’il nous aide aujourd’hui à aimer Dieu en aidant nos frères.

Les témoins racontent que pour recevoir l’Eucharistie, le frère faisait à pied et à jeun les 12 km qui séparent Sainte-Marie de Saint-Denis. C’est un exemple qu’il laisse à tous ceux qui négligent la messe alors qu’elle est célébrée à leur porte.

A Sainte-Marie, le frère Scubilion accompagnait le curé lorsqu’il allait porter les derniers sacrements. Lui-même reçut six ou sept fois la communion pendant les trente derniers jours de sa vie. S’il avait vécu aujourd’hui, il n’aurait pas hésité à porter la communion aux malades. Il nous inviterait à le faire.

Un dernier point, vous vous souvenez de la femme qui avait touché le manteau de Jésus par derrière et qui avait été guérie... On raconte qu’un jour, un des frères avait échangé avec le frère Scubilion son manteau. Ce frère, Charles Vourron, fut pris pendant la messe d’une grande dévotion pour Notre Seigneur dans l’Eucharistie. En cette fête, par l’intercession du bienheureux frère Scubilion, demandons à l’Esprit de nous revêtir d’un grand amour pour le Christ réellement présent dans l’Eucharistie et également présent dans les pauvres.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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