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Invités à des opérations de terrassement

L’évangile du 2ème dimanche de l’Avent, année C, l’homélie du père Christophe Kerhardy, la prière universelle du dimanche 9 décembre 2012.

par Père Christophe Kerhardy sj (10/12/2012)

L’évangile

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : "À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

« Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, 3, 1-6)

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L’homélie

« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ; tout ravin sera comblé, toute montagne abaissée… » Ces formules de Jean-Baptiste nous recommandent de grosses opérations de terrassement. Dans ce domaine, les résultats sont spectaculaires. Nous avons creusé des tunnels sous les montagnes et sous la mer, nous avons construit des ponts pour enjamber des ravines profondes. Ici, nous avons bâti des immeubles sur des pentes abruptes, et pour irriguer les terres arides de l’Ouest, nous avons basculé les eaux ; dernièrement, nous avons inauguré une rivière artificielle pour les amateurs de kayak ; passant allègrement au-dessus des montagnes, les ingénieurs en aéronautique ont permis de rapprocher les continents et de repousser les limites d’un univers très lointain.

En quelques décennies, la somme des inventions pour soigner le corps humain est colossale. Aujourd’hui, on débouche des artères comme on change une ampoule ! Et avec une bonne révision vers la cinquantaine, quelques réglages, c’est reparti pour un tour. Tout ce progrès n’arrive pas par miracle, il faut des hommes et des femmes passionnés, intelligents et courageux qui ne baissent pas les bras devant les défis à surmonter. Bien sûr, tout n’est pas parfait mais quand même, que de trouvailles pour améliorer la condition humaine, pour rendre le travail moins pénible, que de génie pour défier la maladie et prolonger la vie. Nous devons saluer toutes ces prouesses.

Mais le chantier qui veut tirer tous les hommes vers le mieux n’est pas fini. Les défis sont immenses. Chaque jour nous mesurons l’intensité des tristesses et des misère qu’il nous faut terrasser. À La Réunion, nous ne sommes pas les plus mal lotis, mais quand même, notre île est encore loin d’être un petit paradis. Sitarane n’est plus là, mais les agressions et les violences n’ont pas cessé ; nous ne sommes plus dans la misère comme autrefois, mais la pauvreté sociale, morale, affective et spirituelle touche encore trop de gens. Oui, je le crois, il y a encore beaucoup de ravins à combler, beaucoup à faire pour juguler les forces qui esquintent notre vocation au bonheur.

Comme vous, j’observe les foules d’indignés qui se lèvent et déclarent que le mal, la crise, cet enfer où nous sommes : c’est les autres. Mais aujourd’hui, la voix de Jean-Baptiste n’incrimine pas les autres, ses invectives secouent plutôt l’incurie qui est en chacun. Je veux entendre le cri du précurseur comme un appel à purger ma part de négligence, de faute et de péché.

Un bon examen de conscience, ça ne peut pas faire de mal. Imaginons que nous fassions tous, et en même temps, un effort pour calmer nos colères, nos jugements et réfréner nos poussées de jalousie ; imaginons que nous nous mettions tous à l’œuvre pour abaisser notre niveau d’égoïsme et d’indifférence ; imaginons que nous passions enfin l’éponge sur les vieilles rancunes qui perdurent contre un frère, un parent, un voisin, un collègue.

Le génie humain pour le développement, les inventions pour améliorer la vie sont énormes et indéniables, je l’ai dit. Mais il nous faut aussi rendre nos cœurs agréables à Dieu. Un appel est lancé : « Préparer le chemin du Seigneur » ; l’Avent est le moment favorable pour progresser spirituellement. Comment ? En réactivant les belles valeurs du partage, du service, du pardon. Ces valeurs sont les fils d’une étoffe sainte qu’on appelle : l’amour.

Seuls, par nous-mêmes, nous n’arriverons pas à nous débarrasser de tous nos oripeaux de tristesse, de soucis, d’épreuves et d’échecs. Si cela avait été possible, nous n’aurions pas eu besoin d’un Sauveur ! C’est pourquoi le Seigneur vient. Mais alors, que devons-nous faire ? Choisir l’inertie en attendant Jésus ou nous bouger un peu ?

« Préparez », dit Jean-Baptiste, n’attendez pas que tout tombe du ciel, collaborez à l’œuvre de Jésus. Soyez, si vous voulez, comme des apprentis qui font leur part de travail jusqu’à ce que le maître vienne et procède aux finitions. Son amour est assez raffiné pour rattraper nos erreurs.

Alors, d’ici Noël, préparons nos cœurs, comme les foules qui viennent trouver Jean-Baptiste pour se purifier ; nous aussi, faisons place nette. Il n’y a pas de temps à perdre car nos péchés, nos petits arrangements avec le mal, sont comme des nids de poules sur la route, plus on attend, plus ils se creusent et plus ils se creusent plus c’est difficile à colmater !

D’ici Noël, ayons à cœur de faire ce qui est bon et juste, ce qui est beau et vrai, autant qu’il est possible et enfin, laissons le Christ apporter la touche finale. Vous savez, Dieu est un grand couturier, dans son atelier, avec des fils d’amour, il tisse pour chacun, et sur mesure, un beau vêtement de bonheur et de salut. Je ne connais pas de meilleur cadeau de Noël.

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La prière universelle

Seigneur, nous te rendons grâce pour ce temps qui nous prépare à vivre le mystère de la Nativité. Que Jésus, qui vient semer la joie de Dieu dans toutes nos formes de tristesse, apporte à tous sérénité et paix profonde. Seigneur, nous te prions.

[marine]Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce[/marine]

[marine]Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé ![/marine]

Seigneur, en ce temps de l’Avent, propice au discernement, que ta lumière nous fasse découvrir ce qui est important : la vraie connaissance, le vrai partage, le vrai amour, celui dont parle saint Paul. Que nos choix rejoignent ta Parole. Seigneur, nous te prions.

[marine]Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce[/marine]

[marine]Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé ![/marine]

Seigneur, en ce temps de l’Avent, nous cheminons vers Noël. Face aux difficultés qui nous assaillent, que nous soyons capables de nous mettre à ton écoute, dans la confiance, la joie et l’espérance. Seigneur, nous te prions.

[marine]Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce[/marine]

[marine]Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé ![/marine]

Prions pour tous les pères et toutes les mères, afin qu’ils sachent transmettre les valeurs fondamentales et spirituelles, à partir desquelles se construit la famille. Seigneur, accorde-leur la grâce de combler leurs proches d’amour et de paix. Nous te prions.

[marine]Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce[/marine]

[marine]Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé ![/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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