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Quand viendra le Fils de l’homme

L’évangile du 33 ème dimanche ordinaire, année B, l’homélie du père Christophe Kerhardy, la prière universelle du dimanche 18 novembre 2012.

par Père Christophe Kerhardy sj (18/11/2012)

L’évangile

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :

« En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire. Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel.

Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, 13, 24-32)

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L’homélie

Tandis que l’année liturgique approche de sa fin, l’Église nous invite à approfondir le traité des fins dernières. Les théologiens appellent cela l’eschatologie. Que nous dit Jésus sur ces questions ? « En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. » Nous voici en face d’un scénario apocalyptique.

Plus de soleil, plus d’étoiles, quel déclin ! Certains astrophysiciens affirment eux aussi que le monde sorti du big bang finira dans un big crash. Nous n’en sommes pas là, mais chaque jour et sans répit les médias nous bombardent de nouvelles inquiétantes ; une catastrophe en chasse une autre et l’on se demande ce qui résistera au tourbillon de l’éphémère. Jérôme Ferrari qui vient de recevoir le prix Goncourt, commence son livre par un extrait du sermon de saint Augustin sur la chute de Rome. Voilà ce qui est dit : « Tu es étonné que le monde touche à sa fin ?… le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt ». Et l’auteur nous plonge alors dans une ambiance où un monde, une civilisation –la nôtre– est en train de mourir sous nos yeux. Nous essayons de nous convaincre qu’elle va de progrès en progrès mais en réalité, les ingrédients sont réunis pour qu’elle implose.

Jésus nous annonce carrément une mort cosmique. Le monde s’en va, le monde est vieux, le monde est déjà haletant de vétusté… Mais faut-il s’en inquiéter outre mesure ? Ce n’est pas ce que recherche l’Évangile d’aujourd’hui : « Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas », affirme Jésus. Voilà donc que la Parole de Dieu supplante la nature éphémère de toute chose. Par conséquent, pour nous, la vie du monde ne s’avance pas vers un grand crash, son sort final est configuré par la résurrection de Jésus. En lui, si vous voulez, le mythe du phœnix qui renaît de ses cendres est devenu réalité. Depuis Pâques, la résurrection du Christ est une énergie formidable qui affronte les assauts du néant.

Confiance donc, la Parole de Dieu tient bon, et nos vies qui sont fondées sur elle, sont inébranlables. C’est ce qu’il nous faut retenir de cet échange entre Jésus et ses disciples à propos de la fin.

Les hommes chercheront à faire disparaître la vie du Seigneur. Mais Jésus ressuscitera et un jour, on ne sait quand, au terme de l’histoire, il reviendra triomphant, tout nimbé de la gloire.

Comme les disciples, nous aurons bien des raisons de flancher mais Jésus nous encourage à tenir fermement dans la foi, sans nous laisser abattre. « Le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas. » La parole de Dieu, plus solide que le monde, viendra faire vivre l’humanité et renouveler notre jeunesse.

Il nous faut donc tenir à lui quoi qu’il arrive. Tenir et croire au Christ contre vents et marées. Tenir à lui quoi qu’il en soit des convulsions de l’histoire. Il ne manquera pas d’épisodes douloureux, abominables même, pour ébranler la foi. Pas un jour ne s’écoule sans que le malheur ne frappe, conduisant à douter que Dieu aime les hommes. Pourtant, l’empreinte qu’il a laissée au cœur de ses disciples, racontée dans les évangiles, révèle la puissance d’un amour qui ne peut pas passer.

C’est pourquoi, là où nous sommes affrontés aux épreuves de toutes sortes, le Christ nous exhorte à tenir fermement dans la foi. En lui, la vie ne s’effondrera pas dans le néant. Les soubresauts de la nature et des hommes n’empêcheront pas l’amour d’être un jour le gagnant.

Tout ce qui nous heurte et nous fait peur ne s’éternisera pas : au terme de notre finitude, le Christ célébrera la victoire de l’humanité enfin réconciliée avec l’infini. N’allez pas me demander quand cela aura lieu, personne ne le sait sinon le Père.

En attendant, tenez ferme dans la foi et façonnez l’histoire pour que ce jour de gloire arrive au plus vite. Je crois qu’une bonne manière de le faire, c’est de nous investir dans la charité. Celui qui sert avec un cœur large et généreux, celui qui se montre attentif aux plus fragiles, celui qui donne déjà de lui-même, ne sera pas brutalement surpris par la fin. Sa vie étant dès à présent accordée à celle de Jésus, le jour où il viendra il le prendra avec lui dans sa gloire.

Notre charité, notre amour, voilà une bonne incarnation de la Parole qui ne passera pas. Pour cette raison, soutenons aujourd’hui le Secours catholique qui nous appelle, dans sa collecte nationale, à nous aider les uns les autres.

Illustrations : “Le chant du monde”, tapisserie de Jean Lurçat (détail) ; Tryptique d’Obserwesel (détail) ; Christ en gloire © hermanoleon.org ; “La nuit étoilée”, Van Gogh (détail)

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La prière universelle

La fragilité de notre monde, notre finitude réveillent nos peurs. Seigneur, qu’à la crainte, nous opposions la confiance en ta Parole. Au découragement, que nous répondions par la foi. Seigneur, nous te prions.

[marine]Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement[/marine]

Nous sommes faibles. Et pourtant tu t’es fait Homme, et tu nous as confié l’avenir de ton Royaume. Aide, Seigneur, ton Église, rends-la forte et solide jusqu’au jour de ton retour. Seigneur, nous te prions.

[marine]Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement[/marine]

Dans ce monde où nous devons faire face à la maladie et à la mort, Seigneur, aide-nous à cheminer paisiblement vers la vraie vie. Qu’avec confiance, nous vivions notre aujourd’hui dans l’attente du jour où tu viendras nous chercher. Seigneur, nous te prions.

[marine]Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement[/marine]

Seigneur, en ce jour où le Secours catholique organise une quête pour venir en aide aux plus démunis, nous te demandons de consolider ce service d’Église dans sa mission en faveur d’une société plus juste et plus fraternelle. Seigneur, nous te prions.

[marine]Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement[/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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