Accueil du site > Chapelle > Méditer l’évangile du dimanche > Jésus guérit l’aveugle Bartimée
logo

Jésus guérit l’aveugle Bartimée

L’évangile du 30ème dimanche ordinaire, année B, l’homélie du père Christophe Kerhardy, la prière universelle du dimanche 28 octobre 2012.

par Père Christophe Kerhardy sj (28/10/2012)

L’évangile

Copyright (c) 123RF Stock Photos
Copyright (c) 123RF Stock Photos

Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »

Beaucoup de gens l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! »

Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »

L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.

Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ?

— Rabbouni, que je voie. »

Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route.

(Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, 10, 46-52)

Illustration : Copyright (c) 123RF Stock Photos

-* Cliquer sur l’onglet « L’homélie » pour continuer...

L’homélie

Il y a quelques années, j’avais proposé à des compagnons jésuites de visiter ensemble une exposition de Cézanne au Grand Palais ; personne ne semblait intéressé, sauf le père Michel. Or le père Michel était aveugle, et je me demandais comment il pourrait voir une exposition de peinture... Ce jour-là, j’ai fait l’expérience qu’un aveugle perçoit ce qui se passe autour de lui avec une grande acuité et qu’il voit les choses intérieurement à partir de ce qu’il entend.

© charlietuna1 - Fotolia.com
© charlietuna1 - Fotolia.com

D’ailleurs, lorsque vous observez des gens qui prient, ou quand vous priez vous-mêmes, vous pouvez remarquer qu’on ferme souvent les yeux pour se concentrer sur la Parole. On ne voit bien qu’avec le cœur. Bartimée en est là. Privé de la vue, il est illuminé par ce qu’il entend, et c’est lui qui voit bien, lui l’aveugle qui reconnaît Jésus avec le regard de la foi, sans avoir besoin de le voir.

Quand Jésus passe, il crie vers lui avec force de conviction : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ». « Fils de David » : Bartimée a vu juste, avant tous les autres qui attendront le lendemain pour acclamer Jésus par des « Hosanna au fils de David ! ». Bartimée, lui, a déjà saisi qui était Jésus. Il est plongé dans la nuit mais son cœur voit avant tout le monde le Messie, l’Envoyé de Dieu qui était là sous leurs yeux. Au fond, sa cécité ne l’empêche pas d’être clairvoyant, comme quoi un handicap peut être un excellent moyen de rencontrer Dieu. Encore faut-il pour faire cette expérience, cesser de cacher, de nier ce qui ne va pas. Dieu attend au contraire que nous parlions, que nous criions, que nous reconnaissions que nous avons besoin d’aide. Le salut est donné aux humbles qui ne se camouflent pas derrière une belle apparence mais à ceux qui se sont dépouillés de leur superbe.

Copyright (c) 123RF Stock Photos
Copyright (c) 123RF Stock Photos

Tandis que Bartimée crie sa détresse et appelle à l’aide, la foule voudrait qu’il se taise. On ne va pas s’arrêter pour lui. On est déjà à la sortie de Jéricho, Jérusalem n’est plus très loin, la conquête est proche et ce n’est pas un aveugle qui va retarder la marche. Alors, on rabroue Bartimée. Cet homme est aveugle, et comme si ça ne suffisait pas, on voudrait en plus le rendre muet !

Mais pour Jésus, on n’étouffe pas un cri de détresse. Quand un pauvre crie, le Seigneur entend et quand le Seigneur entend, c’est toute l’Église qui doit s’arrêter ! Alors, la foule qui faisait rempart, comme jadis la vieille muraille de Jéricho, s’entrouvre. Au lieu de séparer l’aveugle de Jésus, elle est sollicitée pour faciliter leur rencontre : « Appelez-le », dit Jésus. En deux mots, la foule qui ne voulait pas voir l’aveugle, n’a d’yeux que pour lui et se met à l’encourager : « Courage, lève-toi, il t’appelle ».

Retenons ici la bonne nouvelle suivante : ceux qui ont des obstacles à la rencontre entre l’homme et Dieu, ceux qui rabrouent les croyants, peuvent sur ordre de Jésus changer du tout au tout et prendre part à l’œuvre de salut. Je crois que l’Église reçoit ici sa mission : quand un pauvre crie, quand quelqu’un est au bord du chemin comme Bartimée, seul dans ses angoisses, accablé de soucis, l’Église se doit de l’accompagner.

Pour Jésus, rien n’est plus urgent que d’aider un homme dans le besoin. C’est ce qu’il a fait tout au long de sa vie : s’arrêtant devant chaque détresse, il rejoint les hommes bloqués pour les remettre en route. L’aveugle demandait la vue, « Seigneur que je voie », Jésus lui donne plus, il lui donne la marche : « Va, ta foi t’a sauvé ».

© Claudia Paulussen - Fotolia.comBartimée était assis au bord du chemin, et voilà qu’il devient pèlerin. Tu n’arrives plus à suivre, tout va trop vite, eh bien, n’aie pas peur, le Seigneur saura bien s’arrêter pour te remettre en marche.

Cette mise en marche que reçoit Bartimée est devenue la prière du pèlerin russe. Son cri lancé vers Jésus : « Fils de David, aie pitié de moi » a été conservée dans l’Église d’Orient comme le modèle de la prière du cœur.

Répétée sans cesse, chez soi, en chemin, au travail, au repos, elle est comme le rythme respiratoire de celles et ceux qui aspirent sans cesse à vivre en communion avec Dieu. Et lui ne tracera pas son chemin sans nous, il s’arrêtera au point où nous en sommes, avec nos talents et nos défauts, avec nos atouts et nos handicaps, avec nos forces et nos faiblesses, et de là il nous conduira dans sa lumière et dans sa paix.

Es-tu aveugle, es-tu dans la détresse, dans les larmes, es-tu dans le brouillard ou dans la nuit, comme Bartimée, comme le père Michel, eh bien crois que Dieu tient à toi comme à la prunelle de ses yeux. Aujourd’hui il choisit un aveugle pour nous apprendre à voir avec les yeux de la foi, c’est quand même un beau clin d’œil.

(Illustration : © Claudia Paulussen - Fotolia.com)

-* Cliquer sur l’onglet « La prière universelle » pour continuer...

La prière universelle

« Je vais les conduire par un bon chemin. » Que ta promesse, Seigneur, illumine cette Année de la Foi. Que la proclamation de ton Évangile au monde entier soit vivante et enthousiaste. Seigneur, nous te prions.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous.[/marine]

Regarde, Seigneur, les prêtres que tu as choisis pour servir en ta présence. Comble-les de ta grâce et fortifie-les dans leur ministère afin qu’ils conduisent ton peuple par des chemins sûrs. Seigneur, exauce-nous.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous.[/marine]

« Lève-toi, il t’appelle. » Donne, Seigneur, à des jeunes de notre pays d’entendre ton appel. Qu’au sein de leur famille ils trouvent des parents respectueux de leur choix et capables de les accompagner dans leur libre décision. Seigneur, nous te prions.

[marine]Dans ta miséricorde, Seigneur, écoute-nous.[/marine]

« Va, ta foi t’a sauvé. » Nous te confions, Seigneur, tous ceux qui espèrent en ta miséricorde. Qu’à l’exemple de Bartimée ils se présentent avec confiance devant toi qui es source de toute grâce. Seigneur, exauce-nous.


Mots-clés

Répondre à cet article

Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0