Accueil du site > Chapelle > Méditer l’évangile du dimanche > La vie éternelle, une histoire de (...)
logo

La vie éternelle, une histoire de don

L’évangile du 28ème dimanche ordinaire, année B, l’homélie du père Christophe Kerhardy, la prière universelle du dimanche 14 octobre 2012.

par Père Christophe Kerhardy sj (14/10/2012)

L’évangile

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.

"Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »

L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »

Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »

Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »

Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »

Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »

Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »

Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, 10 2-16)

Cliquer sur l’onglet « L’homélie » pour continuer…

L’homélie

La Parole de Dieu est plus coupante qu’une épée à deux tranchants quand elle parle de l’argent. Un homme riche se présente donc à Jésus. Cet homme n’est pas malhonnête. Il a reçu une bonne éducation, on le voit à sa manière d’aborder Jésus avec déférence, il connaît la Loi depuis sa jeunesse et sa fidélité est impeccable, il aime Dieu de tout son cœur, il respecte son père et sa mère, il ne fait aucun tort à son prochain. Il est riche, mais il n’a pas fait fortune en truquant des paris sportifs ou en organisant un trafic de stupéfiants. Ce n’est pas un ripou. Sur le plan moral donc, rien à dire, le bilan est positif.

Sur le plan matériel, c’est plutôt pas mal, l’homme a de grands biens. On sait bien que l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, quand on ne tire pas le diable par la queue pour boucler les fins de mois, c’est mieux. Mais comment boucler la fin de la vie, comment gagner la vie éternelle ? C’est ce que recherche le brave homme : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Voilà un objectif estimable, un objectif qui résume d’ailleurs la mission de Jésus.

Seulement voilà, l’homme riche, en cherchant le bon moyen, la bonne combine pour obtenir la vie éternelle, en reste à une religion du « faire pour avoir ». Trop attaché à un Dieu qui rétribue, qui récompense, il n’imagine pas un Dieu qui donne, c’est pourquoi il conçoit la vie éternelle comme un bien que l’on acquiert après s’être bien investi. C’est assez commun de penser les choses de cette manière-là. Et pourtant, qu’avons-nous fait pour recevoir la vie de nos parents ? Alors pourquoi est-ce donc si difficile de recevoir celle de Dieu comme une grâce, comme un cadeau ? Oui, c’est par la grâce du Christ que nous devenons héritiers du Royaume. Parce que la grâce est plus distributive que rémunératrice, la vie éternelle n’est donc pas une affaire de gain, de dû, mais une histoire de don.

Alors Jésus propose au jeune homme d’entrer dans cette histoire de don. Comment ? « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi. » Va, vends, donne aux pauvres, nous sommes ici en face du radicalisme de l’Évangile… Un radicalisme qui coupe l’élan de l’homme riche : « À ces mots, l’homme s’en alla tout triste ». Ah ! Si Jésus s’était contenté des bons vieux commandements, jamais cet homme n’aurait perdu le moral. Son âme spéculative cherchait une rétribution, et l’esprit distributif de Jésus le fait reculer.

Et il n’est pas le seul, les disciples, eux aussi, sont quelque peu refroidis et se demandent : « Mais alors qui peut être sauvé ? » Va, vends, donne aux pauvres, là, chacun fait ses comptes, les uns prennent rendez-vous chez leur notaire et leur banque et liquident leur capital.

D’autres choisiront de partager un peu, ce sera déjà pas si mal.

Et puis, il y a tout ceux qui laisseront couler cet Évangile comme de l’eau sur une feuille de songe : Ton Évangile, Seigneur, est bien trop exigeant ! Il est réservé à quelques assoiffés d’absolu. Il n’est pas fait pour les gens normaux. C’est pourquoi nous allons l’adoucir, nous allons lui enlever sa part de radicalisme et faire un tri sélectif afin de le mettre au niveau des gens ordinaires.

Certes, on peut édulcorer l’évangile, et en faire de l’eau tiède. Mais nous, n’ayons pas peur de voir Dieu bousculer notre vie pantouflarde.

Au lieu de rebrousser chemin comme le jeune homme riche, qui s’en retourne à sa tristesse, demandons au Seigneur qu’il nous libère des voies de bonheur qui ne sont qu’illusion.

Pour nous parler de ces illusions, Jésus prend l’image d’un chameau face au trou d’une aiguille.

Il y a à Jérusalem, une porte que l’on nomme la porte de l’aiguille. Elle était si basse que les chameaux ne pouvaient la franchir avec leur charge sur le dos. Il fallait donc délester les caravanes pour entrer dans la ville sainte. De même, pour entrer dans la vie éternelle, il faut nous laisser délester.

Alors, remettons au Seigneur ce que nous ne voulons pas lâcher. Et croyons bien que nous ne perdrons pas au change : tu auras un trésor dans le ciel, promet Jésus au jeune homme riche. Un trésor qui ne sera le fruit d’aucune fortune, d’aucun mérite mais un trésor qui sera un don de Dieu. Et ce don c’est Jésus qui le fait en s’offrant tout entier pour renflouer l’humanité en vue de partager avec elle sa vie éternelle.

La grâce des gens humbles, des gens dépourvus de grand mérite, des gens conscients de leur faiblesse et de leur manque, leur grâce, c’est de savoir que ce qui leur est impossible par eux-mêmes, devient possible en Dieu. Prends Seigneur et reçois, prends tout ce que j’ai, tout ce que je possède et donne-moi ta grâce elle me suffit.

(Illustrations : Heinrich Hofmann

Cliquer sur l’onglet « La prière universelle » pour continuer

La prière universelle

Seigneur, comble-nous de ton esprit de sagesse et d’intelligence, pour que nos cœurs, dépouillés de l’Homme ancien, s’ouvrent à la louange et nous fassent désirer les liens qui conduisent à la vie éternelle. Seigneur, nous te prions.

[marine]Toi qui nous aimes, écoute-nous Seigneur[/marine]

« Allez donc ! De toutes les nations, faites des disciples ! » Cette parole s’adresse à chacun de nous. Seigneur, qu’avec ton aide, nous devenions acteurs de l’évangélisation, et témoins aujourd’hui de l’espérance chrétienne. Seigneur, nous te prions.

[marine]Toi qui nous aimes, écoute-nous Seigneur[/marine]

Seigneur, que les responsables politiques et économiques des pays ravagés par la corruption cherchent le bon droit et la justice, et aident les populations à trouver un travail digne et décent. Seigneur, nous te prions.

[marine]Toi qui nous aimes, écoute-nous Seigneur[/marine]

Seigneur, accorde-nous ton Esprit de charité, pour que nos mains s’ouvrent au partage avec les plus démunis. Seigneur, nous te prions.

[marine]Toi qui nous aimes, écoute-nous Seigneur[/marine]


Mots-clés

Répondre à cet article

Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0