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Sainte Jeanne

Dimanche 14 octobre, de 17h30 à 19h30, dans la salle Jean de Puybaudet, diffusion du film de Otto Preminger, « Sainte Jeanne », suivi d’un échange animé par le père Bernard Paulet.

par Père Bernard Paulet sj (14/10/2012)

Film de Otto Preminger (Saint Joan), USA, 1957, avec Jean Seberg, Richard Widmark, Anton Walbrook, John Gielgud.

Le roi de France Charles VII, vieillissant et rongé par les remords, est visité dans la nuit par le fantôme de Jeanne d’Arc. Avec ses anciens compagnons, certains morts, d’autres vivants, la Pucelle d’Orléans refait son parcours terrestre...

Le film est une variation autour de la figure de Jeanne d’Arc, interrogation tourmentée sur les contradictions entre le spirituel et le temporel, entre la conscience personnelle et la loi civile. Preminger va loin dans la torture mentale, avec cette espèce de dilemme écartelant : les hommes d’Église agissent par bonté, par souci du salut éternel de Jeanne ; et elle est dans un trouble absolu, n’ayant plus le conseil de ses voix mais uniquement sa fidélité, contredite par son bon sens : au point où elle en est, rester aveuglément fidèle, seule contre ceux qui veulent la sauver, n’est-ce pas une obstination fanatique ? « Il y a toujours du danger, sauf au ciel », dit Jeanne. Et ce film singulier, souvent captivant, s’achève sur un étrange soupir : « Seigneur, vous avez créé cette terre magnifique. Quand sera-t-elle prête à recevoir vos saints ? Quand ? »

Avec Sainte Jeanne, Otto Preminger signe un chef-d’œuvre sublime dans lequel le cinéaste confirme son génie dans la direction d’actrices juvéniles et la psychologie féminine, l’intelligence dans l’adaptation de textes ou de livrets, l’élégance d’une mise en scène aux plans longs qui résout avec une suprême aisance les problèmes du passage de la scène à l’écran. À l’approche de la Toussaint, c’est le film idéal pour fêter les 600 ans de la naissance à Domrémy, en Lorraine, de sainte Jeanne d’Arc.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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