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Une belle fin

Dimanche 20 novembre, 17h30-19h30, Salle Jean de Puybaudet

par Équipe Film & Spiritualité (3/11/2016)

Film de Uberto Pasolini (Royaume-Uni/Italie), 2013, avec Eddie Marsan (John May), Joanne Froggatt (Kelly Stoke), Karen Druty (Mary). Prix Horizons du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2013.

John May, fonctionnaire dans une banlieue de Londres, vit seul et consacre tout son temps à son travail retrouver les proches parents de personnes mortes dans une solitude totale. Un jour, on lui confie le cas de Billy Stoke, un alcoolique mort à quelques pas de son propre appartement. Il commence à recueillir des indices sur sa vie et à rechercher les personnes auxquelles il a été lié, lorsqu’il apprend son proche licenciement : il coûte trop cher... Il obtient alors un délai pour terminer sa dernière enquête.

Enfermé dans une méticulosité qui frise l’obsession, John May semble vivre par procuration : une belle scène le montre feuilletant les albums de « ses » morts n’est- ce pas un peu son album de famille à lui, dont il tourne alors les pages ? Au fil du film, le spectateur découvre que cet homme solitaire, loin d’être replié sur lui-même, vit une forme surprenante de générosité. Ceux dont il s’occupe ont vécu seuls ? sont morts seuls ? oui, mais pas question qu’ils soient enterrés oubliés de tous ! Au cours de leur vie, tous ces êtres, au moins une fois, ont aimé, ont été aimés. Ce sont ces étincelles d’amour que John May traque, tente de ranimer et de rassembler comme pour un ultime feu de joie. Et quand enfin des funérailles sont célébrées, quelquefois en sa seule présence - car ses recherches ne sont pas toujours fructueuses -, il va jusqu’à écrire lui-même, à partir des maigres indices récoltés, l’éloge funèbre du défunt !

Une belle fin (en anglais, Still Life, « Nature morte ») fait émerger des questions très actuelles : connaissons-nous nos voisins ? Ou nous sont-ils indifférents au point qu’ils pourraient mourir sans que notre quotidien en soit affecté ? Quelle trace laissons-nous après la mort ? Et comment est- ce possible, dans notre société hyper connectée, de finir sa vie dans l’indifférence, à l’écart de tous ses proches ?

Toute la force du film réside dans l’interprétation délicate d’Eddie Marsan : le portrait en demi-teinte d’un anti-héros, à la fois déconcertant et attachant. Si bien que loin de respirer la tristesse, Une belle fin sonne comme un hymne à la vie.

En cette fin d’Année de la Miséricorde, ce film sera aussi l’occasion de renouveler notre regard sur l’une des œuvres de miséricorde corporelle : ensevelir les morts, et son pendant spirituel : prier Dieu pour les vivants et pour les morts.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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