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Demain est un autre jour !

Demain, c’est le film-documentaire paru l’an passé qui montre des réalisations par lesquelles des communautés humaines, dans différents pays, reprennent la main sur leur destin. Ces témoignages nous secouent de nos torpeurs, celles du défaitisme qui paralyse notre capacité d’invention. À trop répéter notre impuissance à changer le monde, et en particulier les pratiques politiques, nous perdons de vue que le changement commence par et avec nous-mêmes. C’est exactement à cette prise de conscience que nous conduit le forum débat que nous avons inauguré le mardi 6 septembre. La décision d’entreprendre (...)

par Père Stéphane Nicaise sj (3/11/2016)

Demain, c’est le film-documentaire paru l’an passé qui montre des réalisations par lesquelles des communautés humaines, dans différents pays, reprennent la main sur leur destin. Ces témoignages nous secouent de nos torpeurs, celles du défaitisme qui paralyse notre capacité d’invention. À trop répéter notre impuissance à changer le monde, et en particulier les pratiques politiques, nous perdons de vue que le changement commence par et avec nous-mêmes. C’est exactement à cette prise de conscience que nous conduit le forum débat que nous avons inauguré le mardi 6 septembre.

La décision d’entreprendre une démarche réflexive sur quatre mois s’accompagnait d’une grande inconnue sur les modalités de sa mise en œuvre. Certes nous avions pour point de départ le thème fourni par la revue Projet, engagée dans un partenariat avec le journal La Croix pour diffuser à 100 000 exemplaires le numéro d’octobre : « Face à l’extrême droite : écouter, comprendre, agir » (www.revue-projet.com).

Le choix de l’équipe de Projet vient du constat de l’augmentation du vote extrême droite parmi les électeurs déçus par les partis de gouvernement (gauche, droite). Les témoignages et les analyses rassemblés pour constituer le numéro de la revue exposent le malaise profond de la société française. Cependant apparaissent aussi les ressources disponibles pour penser et agir autrement. Car aucune force ne nous condamne à subir la souffrance sociale d’un grand nombre de nos concitoyens ni à laisser le champ libre à la pulsion du désespoir. Une réaction collective est toujours possible, à condition de se redonner un cap, de se motiver mutuellement autour d’un projet de société recentré sur la personne humaine, et donc qui n’exclut aucun membre, chacun ayant à apporter quelque chose aux autres.

Là est le vrai défi de la Politique avec un grand « P », et non dans une querelle de partis et de prétendants qui paraissent surtout préoccupés par la détention du pouvoir, et non par ce qu’il permet d’engager pour un plus grand bien commun. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de les renvoyer dos à dos, et de ne rien faire contre la tendance à l’abstention. Ceux qui ne vont plus voter ne représentent- ils pas aujourd’hui le premier parti de France ? On ne peut pas s’en réjouir car l’ampleur de l’abstention fragilise notre démocratie représentative. Quand une majorité d’électeurs s’abstient, les élus ne représentent plus véritablement le Peuple ! Le « tous pourris » ne justifie pas l’abstention. Quoi qu’il en soit de la réalité des pratiques de nos élus, celle-ci ne nous dispense pas de prendre nos propres responsabilités, personnelles et collectives.

C’est ce rappel à l’ordre que notre deuxième forum- débat du mardi 4 octobre nous a fait entendre. Un rappel à la responsabilité qu’il revient à chacun d’entre nous de mettre en œuvre, ici et maintenant. Ici à La Réunion où nous vivons, maintenant, c’est-à-dire sans remettre à des jours supposés meilleurs notre détermination à agir. Par cet « ici et maintenant », nous ne pouvons pas nous satisfaire des débats qui ont lieu en métropole. Notre contexte insulaire et indianocéanien est différent. Il appelle donc des réponses différentes. De quelle espérance voulons- nous être porteurs pour notre territoire, ses habitants, et ceux des îles voisines ?

Mais voilà qui est vite dit ! Car promouvoir une meilleure qualité de relations humaines et de pratiques de gouvernement ne peut être fait sans renoncement. Il est en effet illusoire de penser que nous pourrons augmenter notre pouvoir d’agir sans que cela nous coûte de changer profondément nos comportements personnels. L’alternative politique devient ainsi plus concrète : « Sommes-nous prêts à renoncer à la croissance comme promesse de consommation infinie ? ». Sommes-nous prêts à la « sobriété heureuse » à laquelle les papes nous invitent ? Ne nous leurrons pas, c’est à cette condition que nous ferons de demain un autre jour !

Allons poursuivre ensemble cet échange aux 3e et 4e forums débats des mardis 8 novembre et 6 décembre…

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Un p’tit mot, trois p’tits pas n°85 - octobre 2016

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