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Choisir la Création

par Père Stéphane Nicaise sj (30/10/2015)

L’eau s’est retirée, la terre est apparue, les hommes ont bâti dessus leur Maison commune. Et Dieu s’est réjoui du résultat de son initiative. La Bible, comme bien d’autres récits de création, fait de la genèse du monde le commencement de l’histoire des sociétés humaines. À charge aux générations à venir de se relayer pour la poursuivre. Car la Création est une œuvre continue. Cependant, avec le temps, les conditions se modifient, parfois même s’inversent. Par exemple, au lieu de se retirer, l’eau actuellement monte. C’est l’élévation du niveau des mers, et ses conséquences catastrophiques pour de nombreuses populations. Des terres où l’homme a installé sa famille vont être recouvertes. Mais tout cela n’arrive pas sans raison, et l’activité humaine a sa part de responsabilité. L’humanité n’est pas pour autant condamnée à rester spectatrice de son propre désastre. Les Nations se concertent, s’organisent. Le thème du développement durable est devenu majeur : Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD, 2000-2015), Objectifs de Développement Durable (ODD, 2015-2030). En se fixant ces réalisations à court terme, l’ONU se fonde sur l’exercice de la liberté dont l’humanité dispose pour sauvegarder la Maison commune qu’elle partage avec toutes les autres créatures.

Car l’eau, la terre, l’humanité sont indissolublement reliées. L’une atteinte, les deux autres souffrent également. Mais il nous en aura fallu du temps pour en prendre conscience ! C’est en partie fait, et nous pouvons nous en réjouir, jusqu’à la louange pour les croyants : Laudato si – Louez sois-tu Seigneur ! – la prière de saint François d’Assise qui inspire l’encyclique sur l’écologie humaine du pape François. Laudato si nous remet dans notre bon sens, celui de la Création, de son potentiel, de sa dynamique. Reste à faire nos preuves, et ce n’est pas rien, tellement notre « distraction » nous a détournés de la vision globale des grandes crises auxquelles le monde doit faire face aujourd’hui : la rareté de l’eau consommable, la dégradation des sols, la détérioration de la fraternité. Trois enjeux qui en réalité n’en font qu’un.

Écartons d’entrée le mauvais choix, celui du « sauve qui peut » ! Certes, il est tentant, mais il ne résout rien, pire, il aggrave la situation globale, comme le font ces automobilistes qui n’hésitent pas par tous les moyens à « gratter » quelques places dans un embouteillage. Pour peu qu’ils aient gagné 2-3 minutes, ils ont surtout amplifié les difficultés pour tout le monde, multiplié les risques d’accident, et manifesté aux autres qu’ils comptent pour rien… Bref, tout sauf le « vivre avec » ! Le contre-exemple de tout ce que la Création nous enseigne. Elle qui contient tant de forces de vie et de croissance au service du plus être pour tous ceux que notre Maison commune héberge, sans exception, sans discrimination, sans faire de différence entre eux, aucune… Et c’est justement à cette compréhension de la réalité et de son gage d’avenir que le pape François nous ramène.

C’est pourquoi la louange garde la première place, tellement il est indéniable que l’humanité possède une capacité de réaction inimaginable. La liste est impressionnante des initiatives engagées pour « vivre avec », en particulier avec les réfugiés qui font l’actualité. L’association Singa, par exemple, créée en 2012, mobilise la société française autour des projets professionnels, sociaux, culturels, artistiques, citoyens ou entrepreneuriaux des réfugiés résidant en France. Plus généralement, Singa produit des espaces et des outils d’interaction pour les réfugiés et la société, afin de stimuler le faire ensemble, essentiel au vivre ensemble. « Tout se joue dans le regard qu’on porte », précise l’un des fondateurs : « Partout, il faut créer des points de rencontre, lutter contre l’entre-soi, décloisonner », énumère-t-il.

À charge pour nous d’en faire autant ! De quelles initiatives pouvons-nous être porteurs, ici et maintenant, à La Réunion ? Quelques rendez-vous nous sont déjà proposés, voir l’encart page 3, dont l’invitation d’Alternatiba Péi. Et sur notre page Facebook, « Jésuites 974 », l’article Laudato si est à notre disposition pour échanger infos et projets.

Père Stéphane, sj


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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