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Jésus guérit un sourd-muet

L’évangile du 9 septembre 2012, 23ème dimanche ordinaire B, l’homélie du père Christophe Kerhardy, la prière universelle.

par Père Christophe Kerhardy sj (9/09/2012)

L’évangile

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.

On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.

Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.

Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »

Ses oreilles s’ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur recommanda de n’en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.

Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu’il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Marc, 7, 31-37)

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L’homélie

Il nous arrive parfois de penser que Dieu est sourd à nos appels, et Dieu, de son côté, c’est fréquent dans la Bible, reproche à son peuple d’oublier sa Parole. N’y a-t-il donc entre Dieu et l’homme que dialogue de sourds ? Nous voilà dans le vif du sujet de l’évangile que nous méditons aujourd’hui. Le Christ est Parole et cepdnant, c’est lui qui commence par écouter.

C’est d’abord Jésus qui ouvre l’oreille, il perçoit la détresse du sourd et muet et il entend les prières de ceux qui l’accompagnent et va répondre à leur demande de guérison.

La scène ressemble singulièrement à un récit de création : comme au commencement, quand Dieu façonnait l’homme avec de la terre humide, Jésus touche les parties malades de l’homme : il met ses doigts dans les oreilles, il prend un peu de sa salive et la dépose sur la langue de l’homme. Le Verbe ne dit rien, il parle le langage des signes, le langage de cet homme privé de parole. Dieu nous rejoint toujours au point où nous en sommes, non pas pour y demeurer, mais pour nous faire progresser au point où lui se trouve.

De ss doigts, Jésus remodèle donc en silence les organes dévitalisés du sourd et muet puis, il lève les yeux au ciel. Quand Jésus lève les yeux au ciel, on sait qu’il prie son Père. En communion avec le Père, au nom duquel il agit, Jésus soupira. Dans ce soupir, il y a toute la détresse de l’homme incapable de parole et d’écoute, mais il y a aussi le souffle vivifiant de l’Esprit, cette haleine de vie que Dieu communique aux vivants. Le fils rend à ce sourd et muet sa pacité d’écoute, de parole et d’échange, au fond, il le recrée à la ressemblance de Dieu ; voilà en quoi consiste l’œuvre de salut, voilà le point où Dieu veut nous conduire.

Puis Jésus s’adresse à l’homme par ce mot : « Effata » - « ouvre-toi ». Jésus a fait sa part, c’est maintenant au sourd de faire la sienne, de s’ouvrir.

Sentez bien comment Jésus ne considère pas ce sourd comme une huître ou un pot qu’il faudrait déboucher de l’extérieur ; non, il associe le malade à sa guérison : « Ouvre-toi ! ». C’est donc les ressources intérieures de l’homme qu’il convoque ; et nous savons combien ces ressources intérieures sont importantes pour lutter contre un handicap, pour se battre contre une maladie, pour sortir d’une crise. Regardez les athlètes des jeux paralympiques, que d’efforts et de détermination pour réaliser des exploits impensables, c’est admirable !

Cette immense force qu’on puise en soi, ce pouvoir de résilience qui agit dans nos faiblesses et nos pauvretés, c’est l’Esprit, cette présence de Dieu qui est en nous. Dieu n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres et faibles aux yeux du monde ?

Et le miracle s’accomplit : le malade entend et parle. Mieux, il se met à parler correctement. Comment cet homme qui a toujours été sourd, a-t-il pu parler correctement, sans délai ? J’aurais bien aimé apprendre l’anglais comme ça, dans l’instantané ! À vues humaines, parler une langue suppose un long apprentissage, mais vue de Dieu, la parole est inhérente à l’humanité parce qu’elle est créée à l’image de Dieu. Le sourd parle correctement, parce qu’il a rencotnré Dieu qui communique à d’autres ce qu’il est en soi : un être d’écoute, de parole et d’échange.

Effata, un mot araméen qui s’est glissé dans l’évangile écrit en grec, comme s’il était là pour stimuler notre attention. À la fin du récit, vous l’avez remarqué, le sourd n’est pas seul à parler correctement, c’est toute l’assemblée qui proclame les merveilles de Dieu. « Très vivement frappés, il disaient : tout ce qu’il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets ».

Le miracle a donc une portée colelctive. Comme annoncé par Isaïe, c’est toute la création, l’eau dans le désert, les torrents dans les terres arides, les champs couverts de blé au pays de la faim, et les morts même enterrés au pays du silence, qui entendent avec les sourds, qui bondissent avec les boiteux, et qui chantent les merveilles de Dieu.

Alors, toi aussi, ouvre-toi ; toi qui es replié sur toi-même, sans relations, sans amis, sans conversation, ouvre-toi ; toi qui n’ose plus ouvrir la bouche, en famille, au travail, en réunion, ouvre-toi ; tio à qui on a dit trop souvent : ferme ta bouche… ouvre-toi !

Nous tous qui partageons cette parole : ouvrons-nous. Ouvrons-nous, pour communier à Dieu qui se montre ouvert aux autres… Ouvert aux autres ? Ce n’est pas tout gober, mais c’est au moins entendre ce qui s’est raconté et discerner ensuite ce qu’il faut conserver. Ne conservez pas les ragots mais entendez les vrais problèmes ; ne conservez pas les sujets futiles ou scabreux, mais gardez les paroles d’encouragement, ne conservez pas les mensonges, mais louez ce qui est bon et vrai, demandez ce qui est juste, et vous verrez que Dieu n’est pas sourd à nos appels.

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La prière universelle

Pour l’Église universelle. Qu’elle sache, dans sa mission à la suite du Christ, être dans l’accueil.

[marine]Seigneur, entend la prière qui monte de nos cœurs ![/marine]

Pour les dirigeants de la terre. Que le Seigneur leur accorde un esprit bienfaisant qui cherche la justice et le partage pour tous. Qu’lis ne soient pas sourds aux appels des plus petits. Qu’ils soient inventifs et trouvent de nouveaux moyens d’aider les nécessiteux.

[marine]Seigneur, entend la prière qui monte de nos cœurs ![/marine]

Pour les membres de notre communauté chrétienne. Que le Seigneur nous permette de discerner dans nos vies, le vrai du faux, le superflu de l’essentiel.

[marine]Seigneur, entend la prière qui monte de nos cœurs ![/marine]


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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