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60ème anniversaire d’ordination du père Varaprasadam

Le père Vara a fêté le 31 juillet 2015, fête de la Saint-Ignace, son soixantième anniversaire d’ordination. L’occasion de rendre grâces et de témoigner de son ministère de prêtre.

par Père Arul Varaprasadam sj (3/08/2015)

Monseigneur, mes frères-prêtres, mes amis :
je vous remercie de votre action de grâce avec moi !
Ce qui nous unit - c’est l’Amour du Christ-Jésus !
Tout amour est inventif :
l’amour de Jésus a été divinement inventif !
Avant de quitter la terre Il a inventé une présence amoureuse
et une nourriture divine ! Et pour nous l’assurer
au cours des âges, Il a inventé la prêtrise.
Jésus a choisi de dépendre sur le service des hommes :
comme ses disciples et apôtres, prêtres et témoins !
 
Le 31 juillet 1955, nous étions 29 jésuites pour être ordonnés
prêtres en Belgique : Français et Belges, Italiens et Espagnols,
Hongrois, Allemand, et moi le seul Indien !
Trois d’entre nous n’avaient pas la famille ce jour-là,
moi, en raison du coût du voyage,
les 2 Hongrois, la Russie ayant fermé les frontières du pays !
En ce jour, je crois que nous ne sommes que cinq ou six
pour fêter les 60 ans de prêtrise avec des amis sur terre !
 
En 1990 j’étais missionnaire en Zambie, Afrique-anglophone.
J’ai reçu l’invitation du Père Supérieur jésuite de Paris
de venir à La Réunion pour rendre un service particulier :
que je persuade nos frères/sœurs Malabars/Tamouls
d’accueillir Jésus comme le seul Sauveur
sans pratiquer deux religions en même temps !
Le lendemain de mon arrivée dans notre ile,le 19 juillet 1990,
je me présente à notre Évêque : il me reçoit avec joie
et m’envoie à la paroisse de Saint-Benoît pour trois mois.
Je croyais que j’allai rester dans le diocèse pendant 6, 7 ans.
Je loue le Seigneur de m’avoir donné
de Le servir comme prêtre ici 25 ans,
en Inde 28 ans,
en Afrique-Amérique-Europe 7 ans !
 
Si je n’étais pas devenu prêtre !?
Probablement j’aurai été un enseignant-à-la retraite en Inde,
avec des enfants, petits-enfants !
Est-ce que j’aurai été un bon mari, bon père ?
Dieu le sait !
 
Qu’est-ce que mon cœur me dit de ces 60 ans de prêtrise ?
Une immense action de grâce envers le Dieu de l’Amour,
et envers tant de personnes de plusieurs pays
qui m’ont façonné pour servir l’Église et l’humanité !
 
Tout a débuté par la lecture en tamoul de la vie du Curé d’Ars
– sa question à un campagnard et la réponse de celui-ci !
« Qu’est-ce que tu fais ici, simplement assis longtemps,
dans cette église, tous les jours,
sans réciter le chapelet, sans lire des prières ? »
– Monsieur l’Abbé, je ne sais pas lire… !
– Alors ?
– Je L’avise, Il m’avise !
Suivant le paysan français je regardais Jésus, à mon tour,
dans l’Eucharistie, à l’église de ma paroisse au Tamilnadu.
Durant ces visites j’ai ressenti le désir de me faire prêtre !
Pas de voix mystérieuse ! Pas une apparition quelconque !
Âgé de 18 ans, j’ai chuchoté à ma mère dans la cuisine :
« Je désire me faire prêtre » – elle l’a communiqué à mon père.
Leur tristesse initiale en raison de la séparation
a été noyée dans leur foi, et l’amour pour l’Église !
 
Sur les 3 garçons, 3 filles grandis ensemble en famille
2 prêtres, 2 religieuses, un frère, une sœur mariés !
Aujourd’hui j’ai deux sœurs en Inde : la sœur ainée, religieuse,
bientôt 94 ans, affaiblie mais pas malade !
la sœur cadette 85 ans,veuve avec 6 enfants,
8 petits-enfants, 2 arrière-petits !
 
Je reviens à mon adolescence – de 16 à 18 ans :
la plupart de mes compagnons au collège et au lycée
étaient des hindous.
Avec mon attachement à Jésus je désirais, sans doute,
que mes amis aussi Le connaissent et son amour :
Nous avons discuté sur la foi et la culture !
Mais nous étions trop jeunes pour voir des liens
et des différences entre la culture et la foi religieuse.
Nos échanges étaient des balbutiements religieux !
Le Dialogue Interreligieux a été mis en route dans notre île
avec la participation très forte de notre évêque.
 
Pourquoi suis-je devenu prêtre jésuite ?
Mes études chez les Pères m’y ont amené !
Depuis mon entrée comme novice à la prêtrise... 13 ans !
Je me rappelle l’étonnement d’une personne bien simple :
Tant d’années pour apprendre à faire les gestes de la messe !
« Si ce n’était que de faire les gestes ! »
 
Saint Ignace, blessé à Pampelune,
gisant dans son château à Loyola,
avait commencé à rêver des exploits de romance !
Il n’y avait pas des romans à son goût de chevalier !
Il lisait – à contrecœur – les vies des Saints :
« Si François, si Dominique a fait telle ou telle chose
par amour pour le Christ, pourquoi pas moi ? »
Puis ses rêves spirituels le portaient à la contemplation
de Dieu qui veut sauver l’humanité !
Sa manière d’évoquer les trois Personnes divines regardant
l’immensité de notre monde avec toutes les diversités humaines
leur dessein d’amour pour nous sauver avec notre coopération
m’a marqué depuis le début de ma formation jésuite !
Ignace réalisa que pour se mettre au service d’amour divin
il fallait acquérir le savoir humain et divin (la théologie) !
A Paris, Ignace se formait dans des conditions bien austères,
ayant pour compagnons dans la chambrée,
François Xavier, un compatriote et Pierre Favre, un Savoyard.
Après sa conversion, Ignace priait Marie de le mettre
dans la compagnie de son Fils !
Il a eu une apparition de Dieu-Père
Qui demandait à Jésus,
en pointant à lui-même : « Prends-le comme ton serviteur ! »
Ainsi, l’Ordre, fondé par Ignace ne s’appelle pas Ignaciens,
à la manière de François-Franciscains, Dominique-Dominicains,
mais Compagnons de Jésus, ou les Jésuites !
Ignace a insufflé son élan d’amour missionnaire à François Xavier,
le saint qui a baptisé des milliers en Inde et au Japon,
pour mourir en face de la Chine qu’il voulait convertir !
 
Nous tous, nous frôlons des mystères qui nous dépassent.
Comme prêtres, envoyés par Jésus :
en baptisant, le prêtre communie à la joie des mamans-papas,
qui croient à la nouvelle naissance de leurs enfants en Dieu !
Dans les célébrations de la Messe : dire les paroles mêmes
de Jésus : Ceci est mon corps, ceci est mon sang !
et de s’unir à Lui dans un mystère qui nous échappe !
En étant le témoin de l’Église au sacrement de mariage
où le couple célèbre leur union, intime-sacré dans l’Amour !
Le prêtre a la chance de rencontrer des familles si diverses,
bénir les enfants, nouer des conversations
sur les questions ultimes de la vie humaine, bien difficiles à résoudre !
Le prêtre est appelé à discuter avec les autres pour voir
ce que nous pouvons apporter aux autres comme chrétiens
pour faire évoluer une Communauté selon le rêve de Dieu !
 
Les défis dans les services des prêtres sont multiples :
Sécher les larmes des personnes en détresse tout en sachant
que Dieu seul peut essuyer toutes les larmes de tous les yeux...
Se joindre aux autres dans leurs sentiers pénibles,
en espérant les mener dans le Chemin-de-vie qu’est Jésus !...
Marcher avec les autres dans l’obscurité de la vie,
convaincu qu’au bout du tunnel, il y a la Lumière, le Christ !...
Ressentir les doutes qui rongent tant de personnes,
tout en essayant de leur pointer la Vérité qu’est le Christ !...
Partager le deuil des autres pour leur faire reconnaître Jésus
Qui nous attend à l’autre bord de la vie !...
Diriger la piété envers les saints et à Marie, notre Mère,
qui nous mènent à Celui qui est le Chemin vers le Père !...
Après quelques rencontres bouleversantes, rester assis, ému,
même perturbé, mais rempli de l’espérance en Celui
qui nous invite à déposer nos fardeaux à Ses pieds !...
Voir en chaque personne l’image du Christ,
parfois rayonnante, parfois ternie ou même effacée
mais à la restaurer dans l’Onction de l’Esprit !...
Le défi est grand : grandes les grâces prodiguées par Jésus !
Autre le service des psychologues et des psychiatres,
autre celui des prêtres dans l’accueil et les confessions !
Écouter la musique parfois si triste de notre pauvre humanité ---
mais y insuffler les cadences d’une espérance
imprégnée dans le Mystère de la mort et la Résurrection !
Jésus Ressuscité a délégué aux prêtres le pouvoir de pardonner.
J’avoue humblement que j’ai reçu des confessions
où des personnes ne se sentaient pas pleinement comprises !
Reconnaissant mes limites,
je me réfugiai en une prière confiante au Cœur de Jésus !
Jésus a voulu avoir des prêtres comme Ses amis
pour étancher la soif d’amitié et d’amour dans l’humanité !
Nous prions pour que nos familles deviennent des jardins
des vocations pour une plus grande gloire de Dieu !

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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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