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La fidélité ou l’amour à vif

De Michela Marzano. Éd. Hachette littératures, collection Pluriel, 2011, 160 pages

par Monique Cadet (25/05/2015)

« Vaut-il mieux rester fidèle sans sincérité ou demeurer sincère sans fidélité ? » Cette question de Vladimir Jankélévitch dans « Les Vertus et l’Amour » est citée par Michela Marzano, philosophe, chargée de recherches au CNRS, en exergue de cet essai dans lequel elle livre sa réflexion sur la fidélité, ce terme très ambigu, aux multiples significations.

Dans cinq chapitres intitulés « Peut-on promettre d’être fidèle ? - Personne n’est totalement fiable - Chastes et infidèles : la fidélité à l’épreuve du devoir - Don Juan ou le piège de l’infidélité. - De l’exclusivité », elle analyse tour à tour ses trois visions distinctes et hétérogènes de la fidélité, mais qu’on confond souvent : la fidélité comme vertu sociale, liée au respect des obligations ; la fidélité comme vertu théologale, qui renvoie à la foi et à "l’alliance sacrée » entre Dieu et les hommes ; la fidélité comme vertu privée.

Pour elle, la fidélité, dans l’amitié et dans l’amour, « s’inscrit dans la finitude de la condition humaine. (…) La fidélité ne se dit pas. Elle se fait. Peu à peu. Péniblement. Sans certitudes. » Si on la réduit à une obligation ou à une forme idéale d’attachement constant dans le temps, elle devient alors quelque chose « d’étouffant et de contraignant ». La fidélité conjugale se fonde sur l’authenticité et la présence, et ne se limite pas au respect formel de la parole donnée, Elle n’est pas quelque chose de définitif et d’établi une fois pour toutes : le lien de fidélité se construit, doit être entretenu et sauvegardé...


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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