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Le Destin

Dimanche 11 janvier 2015, de 17h30 à 20 heures, l’équipe de Film et Spiritualité propose « Le Destin » de Youssef Chahine, suivi d’un débat, en salle Jean de Puybaudet.

Film de Youssef Chahine (1997, Égypte) avec Mahmoud Hemeida (le calife Al Mansour), Nour El-Chérif (Averroès), Mohamed Mounir (Marwan), Safia El Emary (Zeinab, femme d’Averroès), Laila Eloui (Manuella)… Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes.

Dans le Languedoc, à la fin du XIIème siècle, un homme est traîné au bûcher, condamné par l’Inquisition pour avoir traduit et répandu les écrits d’un philosophe andalou, Averroès. Son fils Youssef traverse le pays et rejoint Cordoue, où il devient familier d’Averroès lui-même. Le pays est gouverné par le calife Al Mansour, un despote éclairé, qui a fait du philosophe son meilleur ami. Nasser, le fils aîné du calife, suit les enseignements d’Averroès. Abdallah, le cadet, passe tout son temps avec Manuela la gitane et son époux, le chanteur-poète Marwan. Il a la passion de la danse. Mais dans l’ombre, la secte Al Charah multiplie les adeptes. Averroès tente d’avertir le calife du danger…

Ce beau film du grand réalisateur égyptien Youssef Chahine se présente à première vue comme un film historique. Mais l’on comprend très vite que la « reconstitution » d’une époque n’est pas son propos. Ce qui l’intéresse, c’est plutôt de dénoncer l’usage pervers que les chefs d’État peuvent faire des religions. Et la façon dont les sectes s’y prennent pour transformer d’honnêtes croyants en fanatiques prêts à faire couler le sang.

En dépit de la gravité du sujet, le film fait la part belle à la joie de vivre, dans un tourbillon de couleurs rythmé par les musiques arabo-gitanes. Si Averroès en est le personnage principal, tout occupé à penser, à écrire et à créer des liens, aucun des personnages secondaires n’est laissé dans l’ombre. Tous sont traités avec finesse, que ce soit Abdallah, le deuxième fils qui se laisse enjôler par la secte, la fille d’Averroès brillante d’astuce et d’audace ou le très beau personnage du poète-chanteur, Marwan, dont les liens avec le jeune Abdallah sont délicatement évoqués.

Lors de la sortie de ce film, les critiques l’ont salué comme un hymne à la tolérance. Il parle aussi de fidélité, de loyauté, d’amour et surtout de liberté : celle que donne la capacité de réfléchir et de décider par soi-même, celle que l’on conquiert parfois douloureusement en se privant ou en étant privé de ce à quoi l’on tient le plus… Mais il faut attendre les toutes dernières minutes du film pour que soit nommé, enfin, le ressort que savent si bien actionner ceux qui veulent détruire et tuer…


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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