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Synode sur la famille : une chance à saisir pour l’Église

par Daniel Annette (29/10/2014)

En lisant au jour le jour les comptes-rendus des témoignages des laïcs et des interventions des pères synodaux, j’en suis venu à faire la « relecture » de ma propre histoire familiale avec mon épouse, nos enfants et petits-enfants.

Je rends grâce à Dieu pour ce sacrement de mariage reçu il y a de cela plus de quarante ans. Les grâces qui en découlent nous fortifient sans cesse, et nous aident à franchir les étapes successives dans la paix et la confiance.

Avec l’insouciance de la jeunesse, à la suite de nos parents, ainsi que de nos aînés, il nous a semblé naturel de nous lancer à notre tour dans cette aventure du mariage, cette « Traversée de l’impossible », selon le titre d’un livre de Xavier Lacroix.

Traversée de l’impossible effectivement, car il n’est pas évident de concilier deux caractères, deux histoires différentes, seulement sur un coup de foudre ou sur un sentiment amoureux, sans la ferme volonté de durer dans un même projet d’alliance. Et plus encore dans cette île volcanique dans tous les sens du terme, avec son passé de violences traumatisantes, qui a sans doute marqué plus ou moins profondément notre conscience collective, suscité des comportements de soumission, et son contraire de révolte, même au sein du couple ! Cependant, réjouissons-nous, car la famille est une valeur commune à beaucoup de ces cultures et des religions qui se croisent sur cette terre réunionnaise, où nous n’avons pas d’autre choix que d’inventer de diverses manières un vivre ensemble harmonieux pour prévenir tout repli sur soi et enfermement mortifère. Ile créole, de métissage et de dialogue des cultures par nécessité vitale.

Dès notre mariage, je me suis engagé au service de ma paroisse. La rencontre périodique d’autres familles chrétiennes nous a permis de vivre des moments festifs, des partages de vie, partages d’Évangile. Nous avons partagé nombre d’événements familiaux : naissance, baptême, confirmation, décès, mariage de nos enfants, qui à leur tour, ont assuré la succession des générations. Nous sommes toujours heureux de nous rencontrer pour nous réconforter et confirmer nos choix de vie à la lumière de la Parole de Dieu. Une Parole qui est au cœur de nos questionnements dans les moments de doute, plus encore en ces temps où la famille traditionnelle semble perdre son statut au détriment de nouvelles formes de familles parfois au gré des volontés politiques. Nous sommes aussi un signe pour les jeunes en recherche d’affection qui peuvent trouver dans nos familles l’assurance que l’aventure du mariage est possible et en vaut la peine.

Comment se fait-il que nous ayons pu traverser tant de tempêtes sans rompre les amarres définitivement ? Nous avons pressenti que cette « indissolubilité » du mariage et la fidélité que prône l’Eglise à contre courant du monde, était un garde-fou capable de contenir la peur de notre fragilité humaine, la peur que celle-ci ne puisse surmonter la répétition des épreuves. Elles nous ont empêchés d’emblée d’envisager la séparation comme une solution possible devant nos incompréhensions réciproques, nous invitant plutôt à espérer que tout est possible pour celui qui met sa confiance en Dieu et en l’homme et à chercher le chemin de la réconciliation, que nous vivions déjà dans l’eucharistie dominicale dans le rite du pardon et du geste de paix. Chemin d’humilité et de pauvreté possible par la puissance de la grâce divine. Long apprentissage de la confiance à travers les obstacles franchis au coude à coude, expérimentée dans le soutien discret et sans faille de l’un à l’autre tout au long d’une double alliance, celle avec Dieu et celle du mariage. Il faut avoir parcouru un long chemin de vie commune pour prendre conscience de la sagesse de l’Eglise sur la question du mariage.

Qu’est-ce que j’attends de ce synode ?

Que l’Église redise à haute voix la beauté des familles qui vivent leur mariage avec bonheur et sans fausse honte vis-à-vis du monde, mais sans exclure ceux qui à l’étape où ils en sont, considèrent ce chemin balisé comme trop exigeant et inaccessible. Au contraire qu’elle éclaire tous ceux qui tâtonnent pour des raisons psychologiques, culturelles et autres, afin qu’ils découvrent le vrai visage du mariage et de la famille.

(Illustration : Droit d’auteur- glopphy / 123RF Banque d’images)

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Un p’tit mot, trois p’tits pas N° 75 - Octobre 2014

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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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