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Les virtuoses

Dimanche 15 juin, de 17h30 à 19h30 dans la salle Jean de Puybaudet, projection du film « Les Virtuoses » de Mark Herman, suivi d’un débat animé par le père Bernard Paulet sj.

par Père Bernard Paulet sj (11/06/2014)

Film de Mark Herman (Brassed off), Grande-Bretagne, 1997, avec Pete Postlethwaite, Tara Fitzgerald, Ewan McGregor. César du meilleur film étranger 1998.

Au milieu des années 1980, c’est la grève dans le petit village de Grimley, dans le nord de l’Angleterre, où des mineurs et leurs familles se battent contre la fermeture de leur puits dans le cadre du programme national de fermeture des houillères au Royaume-Uni. Parmi eux, un groupe participe au « brass band », la fanfare locale, dirigé avec ferveur par Danny, mineur à la retraite et silicosé. Ils sont partagés d’une part entre leur amour de la musique, et d’autre part la perspective de perdre leur travail et de voir leur communauté de mineurs se disloquer. Dotés d’une nouvelle énergie par l’arrivée de Gloria, une charmante et excellente cornettiste, ils vont alors envisager de participer à la finale du championnat national des fanfares au Royal Albert Hall, la célèbre salle de concert de Londres…

Des tubas et un tubard : voilà l’argument minimal des Virtuoses ! Sous couvert de narrer les déboires cocasses d’une fanfare ouvrière, ce réjouissant film de crise brosse un réquisitoire contre l’économie libérale, les séquelles de la politique de démantèlement de Margaret Thatcher et le cynisme des patrons. Le film est bâti sur une thématique croisée : le combat mené par des gueules noires du Yorkshire contre la fermeture de leurs puits ; la lutte de Danny, chef d’orchestre exigeant aux poumons infestés de poussière de charbon, pour emmener sa formation de cuivres jusqu’à l’Albert Hall. Ambition contrariée par une série de couacs : manque d’argent, saisies d’huissier dans les maisons ouvrières, instrument perdu au billard et surtout découragement croissant des mineurs musiciens, tandis que se profile le chômage. Un projet impossible qu’à coups de gueulantes, de beuverie ils vont s’employer à réaliser. La musique va permettre à tous ces exclus de retrouver une dignité perdue. Sauver son honneur à défaut de son emploi. La dernière séquence, enthousiasmante, provoque une euphorie durable.

Dans cette peinture d’une ville minière du nord de l’Angleterre, où les puits ferment, où le chômage rôde comme un spectre, la vie quotidienne est croquée avec justesse, entre débrouille, fous rires et heurts des couples. Les Virtuoses illustre cette tradition de la comédie britannique portée à des sommets par Stephen Frears, Mike Leigh et Ken Loach, qui consiste à s’attacher à des problèmes sociaux, aux racines de la misère et de la colère ouvrière, avec humour et sans pathos.

Le Concerto d’Aranjuez de Joaquin Rodrigo et l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini étant deux moments clés de l’histoire et de la bande-son, voilà un film idéal pour accompagner la Fête de la musique.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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