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L’agneau et la colombe

Retrouvez ici l’évangile du 19 avril 2014, veillée pascale (année A), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Après le sabbat, à l’heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus.

Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.

Il avait l’aspect de l’éclair et son vêtement était blanc comme la neige.

Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, furent bouleversés, et devinrent comme morts.

Or l’ange, s’adressant aux femmes, leur dit : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.

Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.

Puis, vite, allez dire à ses disciples : ’Il est ressuscité d’entre les morts ; il vous précède en Galilée : là, vous le verrez !’ Voilà ce que j’avais à vous dire. »

Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.

Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.

Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28, 1-10)

par Père Christophe Kerhardy sj (22/04/2014)

 L’homélie



Une colombe s’était éprise d’un agneau. Avant de le rencontrer, elle avait quelque peu souillé son plumage en fréquentant de trop près quelques oiseaux de nuit. Le déshonneur était sur elle, elle ne méritait pas de vivre. Mais l’agneau était passé par là qui l’avait lavé tout entière de sa faute et rendu sa blancheur. Elle était heureuse en sa présence, personne avant lui ne l’avait aimée de manière aussi dense. Et voilà qu’une nuit, une bande de loups, armés jusqu’aux dents, se jette sur l’agneau. La colombe aurait bien voulu le défendre, mais que pouvait-elle faire ? Impuissante, elle avait assisté au sacrifice de l’agneau. Sa douleur fut intense quand les clous et la lance l’immolaient sous ses yeux.



Comme la colombe, Marie Madeleine qui avait suivi Jésus n’avait rien pu faire pour éviter sa Passion. Impuissante, elle avait assisté au sacrifice de Jésus. Comment retrouver un peu de lumière, un peu de paix, un peu de vie après le calvaire.



Jérusalem dormait encore, toute silencieuse. Pilate s’était lavé les mains, il avait fait condamner un innocent, mais il avait évité une révolte, les prêtres avaient mis fin à la contagion de l’Évangile, le messie avait été sacrifié, mais leur pouvoir était sauf, ils pouvaient dormir sur leurs deux oreilles. Marie Madeleine, elle, ne dormait plus depuis ces jours. Dans sa tête, les cris de la foule, les ricanements des bourreaux, la vue du crucifié, tournaient en boucle. Elle pleurait Jésus comme une madeleine. La mort est éprouvante, surtout quand on a beaucoup aimé ! Qui d’entre nous n’a pas, un jour, été traversé de douleur face à la mort d’une mère, d’un père, d’un enfant, d’un conjoint, d’un ami ?

De grand matin avec deux amies, elle vient au tombeau. Elles ont apporté des aromates pour rendre hommage à la dépouille de Jésus. Et là, surprise. Les femmes découvrent le tombeau vide. Le linceul et les linges mortuaires sont à leur place, mais le corps de Jésus a disparu. Une nouvelle douleur les cisaille : on leur avait ôté la vie de leur Seigneur, maintenant, on les dépouille de sa mort.

Mais voilà qu’une voix les interpelle : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! ». Ressuscité ? Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Ces propos paraissent délirants. Pour beaucoup d’hommes, avec le temps, va, tout s’en va et la vie s’achève au tombeau. Si les choses étaient aussi sûres, vous pensez bien que le christianisme n’aurait pas fait long feu. Pourquoi il dure ? Parce qu’en Jésus, quelque chose est fini pour de bon : les puissances de la mort ont flanché, car Dieu est vie, le prince des ténèbres a été vaincu, car Dieu est lumière. À Pâques, un passage s’est ouvert, et des foules immenses que nul ne peut dénombrer iront suivre Jésus par-delà leurs sépulcres.

Chrétien, tu n’es pas un tombeau, mais une église dans le vent, dans la vie, dans la grâce et tu ne délires pas quand tu crois, quand tu espères, quand tu célèbres la victoire de l’agneau.

L’agneau et la colombe, ce beau ménage, cette belle icône de la paix, c’est le Christ et l’Église, l’Église des femmes du matin de Pâques, l’Église des hommes parfois un peu plus lents à croire, l’Église d’hier, celle de nos mères et de nos grands-mères, celle que nous sommes et celle que formeront nos enfants, l’Église qui croit sans avoir vu, qui espère par-delà toute espérance et s’élance vers le Vivant. Imaginez la joie de l’Agneau qui voit migrer vers lui des nuées de colombes. Le Christ est ressuscité, alléluia, il nous attend dans sa victoire. Oui, notre résurrection sera sa plénitude, alléluia, alléluia.

Illustrations : irochka / 123RF Banque d’images (la colombe) et xalanx / 123RF Banque d’images (vol de colombes)


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)