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La déchirure

Dimanche 6 avril 2014, de 17h30 à 19h30 à la salle Jean de Puybaudet, projection du film de Roland Joffé « La déchirure ». La projection sera suivie d’un débat animé par le père Bernard Paulet sj.

par Père Bernard Paulet sj (2/04/2014)

Film de Roland Joffé (The killing fields), Grande-Bretagne, 1984, avec Sam Waterston, Haing S. Ngor, John Malkovich, Julian Sands. Récompensé de trois Oscars.

Au milieu des années 70, à l’heure où le conflit américano-vietnamien déborde sur le territoire cambodgien, le correspondant du New York Times au Cambodge, Sydney Schanberg, assure la couverture des premiers affrontements entre les Khmers Rouges et les forces gouvernementales et se lie d’amitié avec son assistant cambodgien, Dith Pran…

En 1975, les troupes des Khmers Rouges approchent de Phnom Penh. Deux reporters couvrent la « libération » de la capitale cambodgienne. Sydney, l’Américain, parvient à faire partir aux Etats-Unis la famille de Dith, son intermédiaire local. Réfugié avec lui à l’ambassade de France, il ne peut malheureusement le sauver. Dith est arrêté par les Khmers Rouges puis envoyé dans un camp de travail Le journaliste américain doit ensuite quitter le pays, comme l’ensemble des Occidentaux. Dans sa seconde partie, le film devient l’histoire hallucinante de Dith Pran luttant pour sa survie dans un pays livré à la haine et à la terreur. Les deux héros du film existent et la tragédie – l’asservissement de tout un peuple par la folle idéologie khmère rouge – est bien réelle, hélas. En effet Roland Joffé, le fameux réalisateur de Mission, s’est inspiré pour son scénario de la véritable histoire de Sydney Schanberg, qui obtint le célèbre Prix Pulitzer en 1976 pour ses reportages au Cambodge. Pendant quatre ans, ce grand journaliste tentera de retrouver la trace de l’assistant qui lui a sauvé la vie et qu’il a dû abandonner au même sort que son peuple martyr.

L’authenticité du récit rend le film bouleversant. En toile de fond, le drame du Cambodge, longtemps ignoré ou sous-estimé par les médias, donne lieu à une mise en scène spectaculaire, mais toujours soumise à une rigoureuse exigence de réalisme. Cette reconstitution aux allures de reportage est à la mesure de l’émotion suscitée par l’itinéraire des deux protagonistes. L’attitude du président américain Richard Nixon, la responsabilité de l’Occident et surtout la barbarie des Khmers Rouges, naïvement accueillis par certains comme des libérateurs, sont filmées avec une précision d’entomologiste. En quelques images saisissantes la dictature de Pol Pot est dépeinte : l’embrigadement des enfants dès le plus jeune âge, la destruction de toute notion de famille, la délation généralisée, l’extermination d’un peuple forcé à vivre dans les campagnes. Ce film magnifique et bouleversant inspiré de l’une des plus grandes tragédies du XXème siècle accompagnera le temps de la Passion.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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