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Marie a fini son grand raid

Retrouvez l’évangile du 15 août 2013, fête de l’Assomption (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

[marine]En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.[/marine]

[marine]Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte :[/marine]

[marine]« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.[/marine]
[marine]Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?[/marine]
[marine]Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi.[/marine]
[marine]Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »[/marine]

[marine]Marie dit alors :[/marine]

[marine]« Mon âme exalte le Seigneur,[/marine]
[marine]mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.[/marine]
[marine]Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse.[/marine]
[marine]Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ![/marine]
[marine]Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.[/marine]
[marine]Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.[/marine]
[marine]Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.[/marine]
[marine]Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides.[/marine]
[marine]Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,[/marine]
[marine]de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. »[/marine]

[marine]Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.[/marine]

[marine](Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-56)[/marine]

par Père Christophe Kerhardy sj (15/08/2013)

 L’homélie

Jésus avait ouvert la voie et promis un grand bonheur à ceux qui marcheraient à sa suite. Marie, est parvenue au bout du voyage, elle a fini son grand raid, elle passe la ligne d’arrivée, c’est l’Assomption, elle entre dans la vie éternelle. Vous connaissez le proverbe tel père, tel fils, et bien aujourd’hui il faut ajouter aujourd’hui : tel fils, telle mère. Marie qui avait été associée, dans sa chair, dans son cœur et dans son esprit, à l’abaissement du Fils de Dieu, le rejoint dans la gloire du Père. Oui, c’est bien cela : tel fils, telle mère. C’est ce que nous célébrons aujourd’hui en la fête de l’Assomption de Marie.

Imaginez la joie de Marie, sentez son bonheur maintenant que tout est accompli pour elle et que Dieu la revêt des plus belles lueurs. Ce jour-là, le soleil a donné rendez-vous à la lune et invité les étoiles à la fête : « Il y eut dans le ciel un signe grandiose : une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles », la Vierge Marie ruisselle de lumière. Plus rien ne fera ombrage à la lumière de son fils ressuscité dont elle rayonne. Les ténèbres passées, combien plus vrai, combien plus dense devient son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur ». C’est quoi une âme qui exalte, c’est quoi un esprit qui exulte ? C’est un cœur qui laisse Dieu occuper toute la place et qui se dilate en sa présence.

Son Magnificat, comme les Béatitudes de Jésus, assume l’âpreté du chemin, Marie voit la masse des affamés, des petits, des sans-pouvoir, ceux qui n’ont pas accès aux grandeurs, aux succès et aux gloires de ce monde. Mais là où beaucoup d’autres auraient manifesté de la révolte, de la jalousie ou de la frustration, elle, elle se réjouit, et elle égrène les merveilles à venir : merveille du partage, merveille de la liberté, merveille du pardon, merveille du salut. Puisque Dieu s’est penché sur elle, si humble entre toutes, alors il se penchera sur les autres, c’est pourquoi elle chante en invitant tous les âges à la dire bienheureuse.

Mais Marie a-t-elle été heureuse à tout moment ?

Elle en a traversé des épreuves difficiles. De la crèche à la croix, de l’Égypte au Golgotha, l’enfantement du Sauveur a été douloureux. Jamais elle n’avait dÛ se sentir si seule quand son Fils mourait sous ses yeux ; mais jamais elle n’avait été aussi féconde. Elle ne serait pas seulement la mère de l’unique fils de Dieu, car lui-même lui confiait ses amis : « Femme, avait dit Jésus, voici ton Fils », sois la mère de la multitude de mes frères bien aimés.

Marie veilla sur eux, comme elle veille sur nous. Dans les débuts de l’Église, elle écoutait la parole des Apôtres et participait à leur Eucharistie, comme nous maintenant. Elle écoutait les premiers sermons de Pierre, comme vous maintenant écoutez le mien. Elle veillait à ce que l’Église naissante, habitée de l’Esprit, demeure fidèle à l’Évangile. Marie transmettait à l’Église sa grâce d’être mère puis elle s’en retourna au palais du roi, près de son fils.

Là, une nouvelle genèse commence au ciel. La page de l’Apocalypse, que nous venons d’entendre, en présentant le signe grandiose de la femme revêtue de soleil révèle qu’elle est enceinte et qu’elle crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. Comme le Christ ressuscité qui porte toujours dans son corps et dans son cœur les plaies de la Passion, de même, sa Mère porte dans l’éternité « les douleurs et le travail de l’enfantement ». Ce qu’elle enfante ? C’est le corps total du Christ, son corps céleste constitué de la multitude de ses membres. De même qu’elle a accompagné et aimé Jésus de toutes les énergies de sa chair et de son cœur, de même Marie accompagne et aime chacun de nous, du même amour total,

Tout est accompli pour elle, elle est heureuse et bénie mais elle le sera davantage lorsque tout sera accompli pour nous, et que tous, du premier jusqu’au dernier, nous serons définitivement agrégés au corps glorieux de son Fils.

Ô Marie, nous ne sommes pas encore au bout, nous poursuivons notre course et nos chemins sont parfois âpres et douloureux mais portés par l’Esprit-Saint, nous aussi, nous franchirons la ligne d’arrivée et passerons dans la gloire de Dieu ; ô Bonne Mère ton Assomption nous met sur le cap du ciel nouveau et de la terre nouvelle où déjà nos noms sont inscrits.

(Illustrations : James Hasse sj, Ivan Rupnik sj)


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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