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Sueurs froides

Dimanche 16 juin, de 17h30 à 20 heures, à la salle Jean de Puybaudet, projection du film d’Alfred Hitchcock « Sueurs froides ». Le film sera suivi d’un débat animé par le père Bernard Paulet, sj.

par Père Bernard Paulet sj (10/06/2013)

Film de Alfred Hitchcock (Vertigo), USA, 1958, avec James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes, Tom Helmore.

Scottie, détective atteint de vertige, est engagé par un ancien ami, Elster, pour surveiller sa femme Madeleine, qui s’identifie à une femme morte au 19e siècle et pourrait être tentée de se suicider. Il la sauve effectivement de la noyade et en tombe amoureux. Mais il sera incapable de la suivre en haut d’un clocher d’où elle se jette. Il fait une dépression et revoit Madeleine dans chaque femme qu’il croise. Il rencontre Judy dont la ressemblance avec elle est frappante. Il la transformera à l’image de l’autre et se rendra compte qu’il s’agit de la même femme et qu’il a été victime d’une machination.

Un film lent et contemplatif, où l’intrigue et le spectaculaire passent au second plan afin de mettre en relief le trajet mental et physique de la fascination morbide et idéaliste de Scottie pour Madeleine. Scottie aimant littéralement l’image d’une morte, son amour n’existe que parce qu’il ne peut s’accomplir. Il vaudrait mieux dire d’ailleurs que Scottie tombe amoureux de l’histoire de son ami, histoire de réincarnation que l’expérience nous empêche, comme Scottie, de croire. L’atmosphère mythologique du film est admirablement soutenue par la musique néowagnérienne de Bernard Herrmann et par la photo de Robert Burks, musique et photo enveloppant chaque plan du film, lui donnant cet aspect liquide qui l’apparente encore davantage à un rêve.

À première vue, Sueurs froides est un film policier qui flirte avec la magie et l’ésotérisme, où l’enquête devient une enquête sur le principe de la vie et de la mort. À travers l’inspecteur que joue James Stewart, malade d’un vertige qui renvoie au vertige du cœur et de l’intelligence devant le mystère de l’existence, c’est toute l’humanité qui est convoquée et symbolisée dans sa finitude et son angoisse. L’illusion magique se détruit cependant dans un extraordinaire renversement de situation, pour céder la place à une nouvelle enquête sur la notion d’identité : qui sommes-nous réellement ? Pouvons-nous créer une autre personne à la place de Dieu ?... Jusqu’au dernier renversement final qui débouche sur les notions de faute, de culpabilité, et de l’éventuel pardon dont nous aurions le pouvoir. L’enquête policière dévoile alors la vérité existentielle des êtres, et si le vertige s’évanouit de connaître la vérité, le pardon demeure en suspens sous le coup du destin parce que cette vérité n’est pas encore illuminée par la grâce du don.

Tiré d’un roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac, Sueurs froides est un chef-d’œuvre symboliste et, comme la poésie de Baudelaire (et les romans de Boileau-Narcejac), il est imprégné de l’esprit d’Edgar Poe. Ce thriller psychologique complexe situé à San Francisco fut un semi-échec commercial à sa sortie. Aujourd’hui c’est l’un des films les plus célébrés au monde.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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