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Les souliers de saint Pierre

Dimanche 19 août, à 17h30, le Centre Saint-Ignace présente « Les souliers de saint Pierre », film de Michael Anderson, à la salle Jean de Puybaudet. La projection sera suivie d’un débat.

par Père Bernard Paulet sj (20/06/2012)

Film de Michael Anderson (The shoes of the fisherman), USA, 1968, avec Anthony Quinn, Oskar Werner, Laurence Olivier. Deux nominations aux Oscars.

Tous les yeux sont tournés vers le Vatican, cherchant dans le ciel la traditionnelle échappée de fumée blanche qui signale l’élection d’un nouveau pape. Cette fois-ci, les enjeux sont considérables : le nouveau Souverain Pontifie pourrait bien être la seule personne à même de ramener la paix dans un monde au bord du cauchemar nucléaire… Cyrille Lakota, ex-archevêque de Lvov en Ukraine, a été emprisonné pendant vingt ans dans une mine en Sibérie. Les interrogatoires, la torture morale et physique n’ont pu lui faire abdiquer sa foi. Devant cette force, Piotr Ilyich Kamenev, le Secrétaire du Parti communiste soviétique s’incline et arrive même à concevoir une réelle estime pour son prisonnier. Il appelle Lakota à Moscou et le fait libérer, dans l’espoir qu’il pourra, un jour servir de trait d’union entre l’Est et l’Ouest. Le Père Télémond, théologien et philosophe envoyé en émissaire par le Vatican, reprend avec l’ancien détenu politique le chemin de Rome. Afin d’honorer les souffrances qu’il a endurées pour la foi, il y est fait cardinal par le pape qui meurt peu après. Élu pape lors d’un conclave, Cyrille Lakota doit alors faire face aux tensions politiques venant à la fois de la Chine communiste et des pays occidentaux.

Les souliers de saint Pierre allie à l’incroyable intrigue géopolitique un regard fascinant sur le fonctionnement du Vatican, comme lors de la longue et presque documentaire séquence du conclave. Le magnifique Anthony Quinn y joue un prisonnier politique russe à peine libéré, sous le feu des projecteurs après son intronisation en tant que pape. Adaptant un best-seller de Morris West, le réalisateur Michael Anderson place son histoire dans un avenir proche, nos années 80. Cette fiction prémonitoire semble précéder l’Histoire : le film a été réalisé dix ans avant l’élection en conclave du pape Jean-Paul II, et plus d’un observateur a su faire un lien entre le scénario du film et la vie du fameux évêque polonais qui lui aussi était slave, avait résisté au communisme et était totalement inconnu au moment de son élection. Le romancier Morris West avait pressenti la nécessité d’un aggiornamento pour l’Église catholique et mettait cette réforme entre les mains d’un pape slave qui a longuement affronté le communisme. Dans la réalité, nous connaissons la suite de l’histoire, du concile Vatican II à Jean-Paul II.

Délicieusement daté en se situant dans un contexte historique aujourd’hui disparu, le film, à l’instar de son roman éponyme, fait replonger dans un monde où la prospérité de l’Occident se développait sur fond de compétition et de guerre froide avec la défunte URSS, où l’on plaignait la misère de 600 millions de Chinois (ils sont aujourd’hui 1,2 milliards et s’apprêtent à dominer la planète) et où pesait en permanence la menace d’une destruction totale par utilisation des armes nucléaires. Face à ces enjeux, ce qui est alors intéressant ici c’est de pénétrer directement dans la pensée du pape. L’analyse psychologique est vraiment prenante, rappelant que l’Église catholique n’a de sens que dans la transmission du message évangélique.

A l’occasion du cinquantenaire du concile Vatican II, Les souliers de saint Pierre offre un portrait pertinent de l’Église dans le monde de ce temps.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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