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Le Cardinal

Dimanche 15 juillet, de 17h30 à 20 heures, au Centre Saint-Ignace, salle Jean de Puybaudet, diffusion d’un film de Otto Preminger, suivi d’un échange.

par Père Bernard Paulet sj (18/06/2012)

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L’affiche du film

Film de Otto Preminger (The cardinal), USA, 1963, avec Tom Tryon, Carol Lynley, John Huston, Raf Vallone, Romy Schneider. nominations aux Oscars.

En 1939 à Rome, au cours de la cérémonie où il est fait cardinal, Stephen Fermoyle revoit les différentes étapes de sa vie et de sa carrière sacerdotale, depuis que, jeune homme issu d’une famille d’immigrés irlandais, il avait été ordonné prêtre…

C’est l’heure des souvenirs pour un homme que l’on s’apprête à consacrer cardinal alors qu’une nouvelle fois l’Europe et le monde tout entier versent dans cette folie humaine meurtrière qui ébranlerait la foi la plus convaincue. Cette foi, cet homme n’aura cessé de la questionner et de la mesurer depuis son ordination en 1917. Au travers de ses expériences successives de confident, de frère, de courtisan, d’homme d’Église et enfin de diplomate, ce sont les souvenirs de vingt années d’une vie de prêtre, entre doutes, manquements et accomplissements généreux qui nous sont contés. Souvenirs de vingt années d’une vie d’homme, tout simplement. Le cheminement spirituel d’un prêtre américain est au centre de l’intrigue, le film offre également une analyse de l’Église en tant qu’institution politique.

Cette fresque, monumentale et intimiste à la fois, est adaptée d’un roman de Henry Morton Robinson : il s’agit de brosser l’histoire des malédictions et rédemptions des États-Unis d’Amérique et de l’Europe de la première moitié du XXème siècle, à travers les ambiguïtés et les grandeurs de l’Église catholique. Otto Preminger, dont le sens du mal fait merveille lorsqu’il l’insinue dans les films noirs, accumule les scènes impressionnantes, du Ku Klux Klan à l’antisémitisme, du nazisme viennois à l’humanisme juif, des ors du Vatican à la misère du bas clergé. Le film, d’une esthétique parfaite, anticipe tous les conflits et toutes les tensions qui vont agiter par la suite l’Église : la sexualité, le statut de la femme, la question du rapport avec les juifs, le célibat des prêtres, la foi et la science. C’est une œuvre puissante et ambitieuse qui aborde des thèmes difficiles avec beaucoup de tact et sans sombrer dans la caricature, en présentant à la fois les ombres et les lumières du catholicisme. C’est noblement pensé et exprimé.

Admirablement mis en scène et d’une intelligence mordante, Le Cardinal décortique une à une les ambiguïtés du pouvoir et de la foi. Sous des apparences de spectacle consensuel, de classicisme formel, c’est l’œuvre d’un moraliste inspiré. Un spectacle somptueux pour raconter l’Église d’avant le concile Vatican II, un concile dont nous fêtons le cinquantenaire cette année.


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Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Ignace de Loyola)
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